arch/ive/ief (2000 - 2005)

Argentine : Dario et Maxi ¡PRESENTES!
by fab Monday, May. 23, 2005 at 7:52 PM

Mardi 17 mai s'est ouvert le procès contre les "responsables" de la répression du 26 juin 2002 durant laquelle Dario et Maxi ont été assassinés. L'éditorial de Indymedia Argentine et les clefs du procès par Pagina/12 .

Aujourd'hui commence le procès contre ceux qui utilisèrent des armes à feu pour réprimer la manifestation du 26 juin 2002. Ce jour-là, le gouvernement de Eduardo Duhalde a ordonner de ne plus permettre les coupures des accès à la capitale. La répression dans les alentours du Pont Pueyrredon s'est soldée par les assassinats de Dario Santillan, du Mouvement des Travailleurs sans emploi (MTD) de Lanus, et de Maximiliano Kosteki, du MTD de Guernica (banlieue de Buenos Aires), 33 blessés par balles et 127 arrestations.

Pour ces deux morts, et pour les blessures par balles de six des manifestants, seront jugés, le commissaire inspecteur Alfred Fanchiotti et le sergent Alejandro Acosta pour homicide et de tentative d'homicide. Cinq policiers seront jugés sous les charges de dissimulation aggravée, alors que l'ex-policier Francisco Robledo sera jugé pour usurpation de "titres et d'honneur" vu qu'il a opéré comme policier durant la répression. Le procès a lieu à Lomas de Zamora (grand Buenos Aires), lieu où se sont mobilisées de nombreuses organisations pour réaliser un campement revendiquant la justice.

Au début du campement, Alberto -papa de Dario- et Mara -soeur de Maxi, liront un document dans lequel il est signalé que ce jour "Duhalde avait décidé de s'acquitter du rôle que les secteurs dominants lui avaient assigné, de restaurer le régime frappé par cette marée ascendante de mobilisations populaires. Ainsi le lui avait été exigé publiquement le FMI ; Crotto, de la Société Rurale ; Escasany, des groupes financiers, avec le soutien des groupes économiques les plus favorisés par la dévaluation comme Perez Companc et Techint ; plusieurs gouverneurs de provinces –Romero, De la Sota, Marin, entre autres-, et aussi des porte-paroles du pouvoir, les grands médias de communication. Avec cet objectif, il a planifié avec son état major de ministres un diagramme répressif précis, dans lequel sont intervenus toutes les forces de sécurité : police fédérale, police de la province de Buenos Aires, gendarmerie, préfecture, secrétariat des services de renseignements de l'Etat."

Nestor Kirchner a promis au père de Dario d'ouvrir les archuives des services de renseignements de l'Etat (SIDE), chose qu'il n'a jamais fait. C'est pour cela que l'actuel président sera appelé à témoigner par les plaignants, bien que cela ne sera que par écrit.

Les organisations qui campent devant le tribunal réclament que soient sur le banc des accusés les ministres qui ont planifié et ordonné le massacre :

- L'actuel membre de la Cour de Justice de la province de Buenos Aires, Luis Genoud, ex Ministre de la Sécurité et de la Justice de la province, responsable politique de la police de Buenos Aires ;

- l'actuel député Juan José Alvarez, ex Secrétaire de la Sécurité de la Nation, responsable de l'opération, a justifié sur les médias les crimes et, de même que Fanchiotti, a rejeté la responsabilité des morts aux manifestants eux-mêmes.

- l'actuel député Alfredo Atanasof, ex Chef de Cabinet de Duhalde : avant le massacre il a dit qu'il s'agissait d'"une guerre des uns contre les autres”, en avancant l'excuse l'excuse affirmée par les policiers assassins suivant laquelle "les piqueteros se sont tués entre eux".

- Jorge Matzkin, ex-Ministre de l'Intérieur, dans une conférence de presse postérieure aux crimes, il a donné l'ordre aux gouverneurs provinciaux "de prendre des mesures" devant la "spirale d'actions concertées", en revendiquant la répression et en la conseillant pour l'intérieur du pays.

- l'actuel maire de General Roca, Carlos Soria, ex Secrétaire des services de renseignements de l'Etat (SIDE), a justifié la répression en élaborant des rapports qui parlaient de l'infiltration de la guerilla colombienne dans les assemblées et les barrages de routes ("piquetes").

- l'actuel député Oscar Rodríguez, ex vice-chef de la SIDE, d'où sont partis trois appels au téléphone cellulaire du commissaire Fanchiotti qui était chargé de l'opération.

- l'actuel député Jorge Vanossi, ex-Ministre de la Justice, a présenté contre les manifestants une dénonciation en invoquant la loi de "défense de la démocratie", en accusant la mobilisation de violer 17 fois le Code Pénal, en se basant sur de faux rapports de la SIDE.

- Felipe Sola, à l'époque et actuellement Gouverneur de la province de Buenos Aires, a félicité publiquement le commissaire Fanchiotti, qui était en dernière instance fonctionnaire de son gouvernement.

L'actuel président de la Commission des Représentants Permanents du MERCOSUR (Marché commun des pays du Cône Sud), Eduardo Duhalde, ex-Président de la Nation, qui a dit avant la répression que les blocages aux ponts d'accès à la Capitale "nous n'allons plus le permettre, il faut mettre de l'ordre", ce qui a ratifié le caractère de décision d'État de la répression criminelle.

Collectif de la section Travailleurs/euses - Indymedia Argentine.
+ photos
http://argentina.indymedia.org/features/DH/



LES CLEFS DU PROCES

- Le commissaire Alfredo Fanchiotti et son chauffeur, Alejandro Acosta, sont
jugés pour les deux morts et pour sept tentatives d'homicides.

- L'enquête, au niveau des responsabilités, n'est pas allée au-delà de ces deux fonctionnaires. Les avocats des victimes ont anticipé que durant les audiences, ils chercheront à réunir des preuves pour un futur procès dans ce sens.

- Eduardo Duhalde et Juan Jose Alvarez ont été cités à déclarer le 7 juillet, à la demande des avocats des victimes.

- A également été appelé à déclarer le président Nestor Kirchner pour le 11 juillet. Ils veulent l'interroger sur l'ouverture des archives des services de renseignements de l'Etat (SIDE).

- En plus de Fanchiotti et Acosta, il y a cinq policiers imputés pour dissimulation de preuves.

- Les avocats ont sollicité que l'accusation soit élargie contre eux, ils les considèrent participants secondaires des homicides.

- Tous les policiers accusés se sont déclarés innocents.

- L'avocat de Fanchiotti a dit que son client est "un simple commissaire qui remplissait des ordres".

- Le défenseur de Celestino Robledo, le policier retiré qui s'est joint à la répression, a dit que celui-ci avait "exercé le droit de n'importe quel civil d'arrêter des personnes".

- Le procès reprendra le mardi 24 mai.

Pagina/12, 18 mai 2005

Voir aussi "Argentine : procès des assassinats de Dario et Maxi", http://paris.indymedia.org/article.php3?id_article=36994&id_mot=11

Traductions : Fab (santelmo@no-log.org)