arch/ive/ief (2000 - 2005)

Delegation de OAXACA - Mexique a Sub Terra
by sub terra Wednesday, Feb. 09, 2005 at 9:32 AM
subterra01@yahoo.fr

Mexique – Etat du OAXACA

SUB TERRA a le plaisir de vous inviter à une :



RENCONTRE - DEBAT

Jeudi 17 février 2005 à 18h00

avec Leonor López Alavez et Miguel Cruz Moreno

du Conseil indigène populaire de Oaxaca-Ricardo Flores Magón (CIPO-RFM)

Au Centre culturel latinoaméricain Sub Terra, 33 rue de Dublin, Ixelles (en plein Matonge, à côté de la Place de Londres, à 5mn de la Place Saint Boniface). Métro Trône ou bus 71 et 54 arrêt Saint Boniface.

Tel ; 0496 40 33 09

REPRESSION AU OAXACA

Le Conseil indigène populaire de Oaxaca-Ricardo Flores Magón (CIPO-RFM) est implanté dans des communautés de l'État de Oaxaca, et agit sur plusieurs fronts, depuis la lutte pour de meilleures conditions de vie dans les communautés (eau, électricité, infrastructures, services...) jusqu'à celle pour la reconnaissance des accords de San Andrès sur les droits indigènes, et l'auto-organisation des communautés.

Issu des luttes indigènes tant rurales qu’urbaines au Oaxaca, le CIPO-RFM est comme il se définit lui-même une organisation sociale de base indépendante de l’Etat et des partis politiques. Il est composé d’hommes et de femmes des peuples Amuzgo, Chatino, Chinanteco, Mixe, Mixteco, Triqui, Zapoteco et de métis.

Il est né en 1997 du regroupement de plusieurs organisations indigènes du Oaxaca dans la foulée du soulèvement zapatiste au Chiapas. C’est une organisation de résistance civile.



Le projet du CIPO est un développement intégral tant au niveau social que politique, économique, écologique, culturel et de défense des droits humains. Pour cela, ses membres se sont organisés pour travailler selon la tradition communautaire et se sont dotés des moyens de fonctionner avec une grande exigence de démocratie et de responsabilité dans toutes activités sociales qu’ils mènent.



Depuis sa création en 1997, les militants du CIPO-RFM ont subi une répression constante et déplorent plusieurs morts. Cependant, Arrestations, tortures, menaces de mort et tentatives d'assassinat s'intensifient depuis quelques mois. Sont actuellement incarcérés des prisonniers politiques: Dolores Villalobos Cuamatzi, Margarita García García, José y Habacuc Cruz Cruz.

Leonor López Alavez (16 ans) sort de prison.[1] Miguel Cruz Moreno est aussi un ex-prisonnier politique. Ils sont tous les deux en Europe pour témoigner sur la répression dont est victime leur organisation.

Renseignements : France Amérique Latine au 01 45 88 22 74



L’Etat d’Oaxaca


L'Etat le plus indien du Mexique combine une grande richesse culturelle avec des conditions socio-économiques extrêmement difficiles qui obligent une très importante partie de la population à émigrer depuis de nombreuses années.

Dans les années 90, le Oaxaca est devenu le laboratoire d'une politique multiculturelle. En 1998 a été adoptée dans l'État la Ley de Usos y Costumbres (Loi relative aux us et coutumes), qui garantit aux indigènes un certain nombre de droits avec notamment le droit d’élire le président municipal et son conseil selon les «us et coutumes» (une assemblée générale de la population désigne, après délibération, le président et les membres de son cabinet).

L’autonomie accordée sur le papier se heurte pourtant aux projets d’insertion de la région dans le marché mondial et à ses promoteurs locaux, en particulier les intérêts locaux du PRI.

Des terres jusque-là préservées par la résistance des communautés et par manque d’attrait compte tenu de l'état de l’infrastructure sont aujourd’hui fortement convoitées. La région est en effet affectée par le Plan Puebla-Panama (PPP). Ce plan multisectoriel couvre la région comprise entre l’état de Puebla (Mexique) et le Panama, c’est-à-dire tout le sud du Mexique et toute l’Amérique centrale. Il vise à remédier au déficit d’infrastructure industrielle pour mettre en place un autre projet économique s’étendant tout le continent américain en une zone de libre commerce à la configuration ultra-libérale. Il comporte la création d’infrastructures, de zones franches et des projets d’exploitation in discriminée des ressources naturelles des régions.



De nombreuses communautés indiennes en résistance , au Oaxaca comme dans le reste du Mexique, tentent de résister à la standardisation voulue par le gouvernement fédéral et de l’Etat en défendant leurs terres, leur organisation et leurs coutumes. Elles s’opposent à la division des terres communales, au développement de la culture du maïs transgénique, et à la déforestation.

Le différent sur la question des droits indigènes au Oaxaca se traduit par l'existence de deux projets totalement inconciliables.



D'après les autorités, les membres des différents corps de police et de l'armée présents dans la région s'emploient à lutter contre le trafic de stupéfiants et à combattre les groupes armés qui opèrent dans certaines parties de l'État d'Oaxaca. Néanmoins, selon des défenseurs des droits humains, les soldats et les membres de la PJE déployés en milieu rural commettent fréquemment des violations des droits humains, qui prennent notamment la forme de perquisitions sans mandat, de vols de biens appartenant à la population locale, d'actes d'intimidation, de manœuvres de harcèlement et d'arrestations arbitraires.



Outre le les membres du CIPO, les défenseurs des droits humains et les militants communautaires sont fréquemment menacés et harcelés dans l'État d'Oaxaca. Les responsables de ces agissements ne sont quasiment jamais traduits en justice.

Au Oaxaca, les responsables locaux appartenant au PRI (Parti révolutionnaire institutionnel) contribuent de manière considérable à la protection des auteurs de violations des droits humains, permettant à ceux-ci de continuer en toute impunité à se livrer à de tels agissements.











TEMOIGNAGES


“Le froid,qui pénètre à travers la porte de fer et les barreaux de la fenêtre, fait trembler notre corps fragile, un corps condamné à rester depuis 66 jours dans la cellule n°5, sous les ordres de José Casab Murat, gouverneur répressif de Oaxaca[2], qui en nous emprisonnant a voulu nous séparer de nos frères, pour que nous ne puissions plus tisser nos rêves de liberté. Il nous a frappé pour la peur nous envahisse, pour que notre voix s’éteigne et n’exige plus le jugement des militaires assassins. Le gouvernement veut notre docilité pour s’approprier les fruits de notre “terre mère”. Il nous envoie ses policiers, sa machine judiciaire, toutes ces personnes entraînées à réprimer et assassiner, avec un seul objectif : que nous abandonnions notre lutte. Mais je sais que nos coeurs tremblent de froid et non de peur, parce que nous retournerons dans la rue malgré les menaces de coups, de prison et de mort. Mon coeur est avec vous tous, dansez parlez, rêvez de justice et surtout soyez rebelles, pour que notre séjour ici en vaille la peine”



Dolores Cuamatzin, prisonnière politique indigène, coordinatrice générale du CIPO-RFM

Prison d’Etla, Oaxaca, 18 novembre 2004 :



Paysans agressés : l’exemple de San Isidro Aloapan
Le conflit agraire qui oppose les communautés de San Isidro Aloapan à la municipalité et aux entreprises agricoles de San Miguel Aloapan à propos de l'exploitation de la forêt n'en est qu'une illustration, qui focalise cependant actuellement toutes les tensions. Leonor López Alavez est de ce village.

Extrait de la plainte qu'Inti Xinemi, Cesar Chavez, Celia Martinez Altamirano, Gonzalo Santiago Garcia, membres du comité d'organisation du CIPO-RFM, ont déposé auprès de la commission nationale des droits des l'homme:

" La luttes de nos frères de San Isidro Aloapan pour la défense et la préservation de la forêt leur a valu une plainte déposée par les autorités de San Miguel Aloapan, avec la complicité de la SRA, SEMARNAP et d'autres fonctionnaires du gouvernement de l'État, qui tentent ainsi d'en finir avec toute opposition, afin de garantir aux les autorités de San Miguel Aloapan qu'elles peuvent continuer à s'enrichir avec la vente de bois. Voyant leur projet de dilapider les ressources forestières freiné, ils ont entamé une répression systématique, s'appuyant sur l'argent et le traffic d'influences, et diffusant une série de fausses accusations contre les villageois de San Isidro Aloapan qui vont du vol de bétails, au blocage des voies de communication ou à l'usage illégal de la terre. Tout ceci dans l'objectif de démanteler le mouvement de défense des ressources naturelles [?].

Le 11 août à 11h30 un groupe de paramilitaires de San Miguel Aloapam, portant diverses armes blanches et à feu se sont dirigés au site connu comme "Lyshioni", où des Zapotèques de San Isidro Aloapan travaillaient à la reforestation de leurs terres. Il est important de signaler que ces faits ont pour antécédents la défense du territoire et de la forêt qui avaient été saccagés par l'entreprise de papier de Tuxtepec, de mèche avec les autorités de San Miguel Aloapan depuis des années.

Le 11, donc, 400 paramilitaires de filiation priíste (Parti révolutionaire institutionnel), ont commencé à insulter et agresser les villageois. Dans l'affrontement, plusieurs d'entre eux ont été blessés avec des machettes. D'autres ont été battus et sont toujours séquestrés [?]. Il est important de signaler que les paramilitaires étaient dirigés par Conrado García Cruz, président municipal de San Miguel Aloapoan, et Cayetano López Santiago, chargé des biens communaux, qui eux mêmes avaient des armes, et encadraient les paramilitaires qui ont emmené de force les 5 indigènes zapotèques du CIPO-RFM jusqu'à San Miguel Aloapan, sous la menace de les assassiner. Miriam Alavez, âgée de 5 ans, est toujours portée disparue.

La patrouille 674 de la police préventive, arrivée sur les lieux, n'a absolument rien fait et s'est vite retirée [?] ".