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Günay Ögrener s'est immolée par le feu
by DHKC, bureau d'info-Bruxelles Thursday, Mar. 04, 2004 at 3:58 PM
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Sauvons la vie de Günay Ögrener

Bruxelles, le 4 mars 2004

Les crimes contre l’humanité du gouvernement AKP continuent :
Günay Ögrener s’est immolée par le feu pour protester contre la torture de l’alimentation forcée

Hier, Günay Ögrener, une prisonnière politique accusée d’appartenance au DHKP-C (Parti/Front révolutionnaire de libération du peuple) et détenue à la prison d’Usak (ouest de la Turquie), s’est immolée par le feu pour protester contre l’alimentation forcée et ce, alors qu’elle observait une grève de la faim au finish depuis 134 jours.

Günay Ögrener a été hospitalisée à l’hôpital Yesilyurt à Izmir.

Ses jours sont en danger.

Pour comprendre son acte, il faut avant tout savoir que les prisonniers sont soumis à un isolement absolu, qu’ils sont constamment torturés et humiliés, qu’ils sont privés de tout droit d’existence digne et que même le droit de résistance leur est interdit.

Préférant mourir que de vivre dans la solitude, la torture et les vexations, Günay Ögrener observait le jeûne de la mort comme plusieurs centaines de ses camarades, pour obtenir la levée de l’isolement carcéral.

L’Etat turc a décidé de briser ce mouvement de grève de la faim en médicalisant les prisonniers par la force.

Ainsi, près de 500 grévistes de la faim ont été alimentés de force et donc délibérément mutilés. En effet, la médicalisation forcée des grévistes de la faim provoque un syndrome neuropathique, appelé Wernicke-Korsakoff qui se caractérise par une perte de l’équilibre et de la coordination, par l’apparition de troubles ophtalmoplégiques (Wernicke ), ainsi que par des confabulations dues à des troubles de la mémoire (Korsakoff).

La pratique de la médicalisation forcée contre des grévistes de la faim est interdite par les traités médicaux internationaux (traités de Malte et de Tokyo).

Mais les autorités turques se moquent des conventions internationales et ont même eu l’arrogance de légaliser cette forme de torture.

Si des prisonniers politiques choisissent de jeûner et de s’immoler par le feu, c’est pour se « prémunir » de ces tortures, pour protéger leur dignité et pour défendre leur droit inaliénable de désobéissance et de résistance.

Face aux crimes contre l’humanité perpétrés par un gouvernement AKP que les dirigeants européens admirent et appuient tant, on a juste envie de dire :
« Messieurs les dirigeants européens : Votre démocratisation de la Turquie, c’est vraiment du propre ! ».

Nous appelons l’opinion publique internationale à condamner les pratiques crapuleuses de l’Etat turc et à soutenir la juste cause des prisonniers politiques.

L’alimentation forcée de grévistes de la faim, la torture et l’isolement carcéral sont des crimes contre l’humanité.
Abolissons-les !
Luttons pour le droit à la vie et le droit de résistance des prisonniers politiques

DHKC (Front révolutionnaire de libération du peuple)
Bureau d’information de Bruxelles