arch/ive/ief (2000 - 2005)

Palestiniens et Israeliens ensemble pour la PAIX : aidez nous !
by Anarkofly Tuesday, Dec. 30, 2003 at 11:09 AM

Les pacifistes des deux bords , les nationalistes moderé et les sionistes de gauche et d'extreme gauche ont mis au point l'accord de geneve contre les fou de guerre (Sharon , Hamas ...etc) . Ils ont besoin de vous .

PAIX ISRAELO-PALESTINIENNE : AIDEZ NOUS !

juifs et arabes ensemble pour la paix ...aidez nous : Signez sur : http://www.2peuples2etats.org

APPEL

Associations fondatrices : ACF-Action contre la Faim, AJHL (Association pour un Judaisme Humaniste et Laique), Association pour le developpement des cultures juives (Judaiques FM), les Amis de Shalom Arshav - La Paix Maintenant, Les Ateliers de Mai, Cercle Bernard Lazare, Conseil Francais des Musulmans Laiques, Gauches.net, Groupe de Contact Europeen des accords de Geneve, Hachomer Hatzair, Identite et Dialogue, Mouvement des Musulmans Laiques, Mouvement de La Paix, Ni putes ni soumises, Pax Christi, SEM (Synergie Europe Mediterranee), SOS Racisme, UFAL (Union des Familles Laiques).

Israel, Palestine : Le combat pour la paix est aussi le notre.

Texte fondateur et appel a signatures

Un espoir renait aujourd'hui au Proche-Orient. Du sein des societes israeliennes et palestiniennes, des voix citoyennes viennent de s'elever avec courage et lucidite. Elles proclament que malgre la violence et le fanatisme accumules depuis pres d'un siecle, un accord entre les deux peuples est encore possible. Portees par des patriotes israeliens et palestiniens, l'Initiative de Geneve lancee par Yossi Beilin et Yasser Abbed Rabbo et La Voix des Peuples d'Ami Ayalon et Sari Nusseibeh prennent en compte la dignite, les craintes et les aspirations les plus profondes de chacun des deux peuples. Elles indiquent en preambule le principe fondamental qui les anime : « deux peuples, deux Etats ». L'Etat d'Israel comme Etat du peuple juif, l'Etat de Palestine comme Etat du peuple palestinien, tous deux issus d'un mouvement legitime de liberation nationale. L'une et l'autre prevoient en particulier : un demantelement de la plus grande partie des implantations juives en Cisjordanie et Gaza, des echanges de territoires acceptes par les deux parties sur la base des frontieres de 1967, une resolution digne et realiste de la question des refugies palestiniens conditionnee au respect de la souverainete israelienne, l'arret des violences et un partage de Jerusalem comme capitale des deux Etats.

Ces initiatives procedent d'une vision, celle qu'Israeliens et Palestiniens puissent un jour vivre en paix, cote a cote, au sein de deux Etats souverains et democratiques. Cette vision, nous la partageons.

Par la creation d'un collectif, les associations signataires expriment leur volonte de soutenir toutes les initiatives en vue d'un accord permanent entre Israeliens et Palestiniens fondees sur ces bases.

Nous appelons toutes celles et tous ceux qui soutiennent ce texte fondateur a nous rejoindre.

Vous pouvez signer cet appel sur le site internet : http://www.2peuples2etats.org

Site web de La Paix Maintenant (France) : http://lapaixmaintenant.org/

Site web de shalom akhshav (Israel) : http://www.peacenow.org.il

Adresse : PO Box 29828,Tel Aviv, Israel

Telephone : 972 3 566 32 91, 972 3 566 06 48

Fax : 972 3 566 32 86

combien de fois ais-je entendu ce refrain?
by antoine Tuesday, Dec. 30, 2003 at 11:34 AM

ya des gens qui ont vraiment difficile a comprendre, ou qui alors,emmene expressement bcp de gens droit dans le mur(la cloture j'oubliai)...


La solution a 2 etats a montré a souhhait depuis +-55ans qu'elle n'etait en aucun cas viable,a cause d'antagonisme de survie ,sous-tendant aux 2etats...

1-Israel- Alors que l'ONU leur avait généreusement donner une grande partie du territoire,Israel mis a profit la guerre 47-49 pour élargir son territoire et selon leur mots "des territoires vitals(aux?) pour la survie de l'etat d'Israel"...

La guerre des 6 jours(prise du liban sud du golan...) a montré a souhait que les reserves d'eau etait un des points les plus stratégique, ou aussi la position du canal de suez(guerre du sinai, des 6jours)

PLus constament et toujours d'actualité, la colonisation effrené qui a pour but de brisél'unité territoriale restante(deja biien abimé)de la Palestine...


-Palestinne-la plupart des palestiniens ont toujours dit qu'ils 'accepterait pas d'accord de paix si un accord sur le droit au retour et au dédomagement des expulsé au réfugiés n'est pas appliqué, et meme si un accord territorial etait trouvé...

La plupart des mouvements d'inspiration musulmane dans la region sont opposé a un etat "juif" au moyen-rient...mais souhaite un etat islamique...

La meilleure solution pour affaiblir ces 2 betises seraient donc de militer pour la création d'un etat unique(plus plausible geopolitiquement et niveau ressource qu'une enieme solution a 2etats)multi-confessionelle...

La solution de probleme des rtéfugiés palestiniens doit alors etre reglé(a mon sens en commun a la loi du retour sioniste)par exemple par un autorisation au juifs et palestiniens durant quelques années de revenir ,apres l'etat naissant devra trouver une lois egales et non raciste et discrimnatoire comme actu ou meme encore ds la solution proposé(qui n'est qu'une transition)...La question du dédomagement et de la propriété de la terre, sera sans doute la plus dure a resoudre, mais elle doit etre fait moralemen,en vertu de la vérité historique, mais aussi dans l'optique d'un espece d'équilibre entre les 2 communautés...


C'est la seule solution viable pour Israel,qui devrait se rendre compte que poussé dans le gouffre par une clique mafieuse et fachiste, devient une menace de plus en plus tgrande pour tous les pays du monde(sauf les us), et pour la diaspora juive.

en lisant la cdelaration
by antoine Tuesday, Dec. 30, 2003 at 11:44 AM

cmt défendre un texte pareil??????

le premier principe de ce texte est texto : "les 2 parties déclare que la palestinne est le seul etat du peuple palestinien, et Israel le seul etat du peuple juif"

Et voila cmt le racisme et l'apartheid israelien est institué,la palestine au peuple palestinien(cad chretien,musulman,laique,juif...sans distinction),mais Israel au peuple juif uniquement,donc j'imagine que les arabes et chretiens vivant en Israel seront "parqué" dans le nouvel etat palestinien???

Et voila on institue un espece de racisme mystique comme princiipe fondateur des accords de genève...

Moi ca me suffit pour m'arreter et n'encourager personne a soutenir ce truc malsain...

cqfd
by antoine Tuesday, Dec. 30, 2003 at 3:55 PM

et voila encore un petit exemple de glissement semantique habituelle...il n'y a pas a choisir entre le sort des palestiniens ou le peril des israeliens(qui sont de toutes manieres des concepts dur a delimiter et a expliquer) mais a choisir entre une nation colonisatrice depuis 55ans qui s'appuie sur un pseudo-droit biblique et au peuples autochtones regrouppés maintenant en nation palestinienne...

De plus ton article qui est un reponse a mes commentaires si elle se trouve la, est tout a fait hors sujet et oppere un autre glissement ,ici, vers l'antisemitisme et la judéophobie...

Le seul point important de mon article,cad, la solution a 1 etat , unique et multiconfessionel est tout s'implement oublié ou passé sous silence par ton texte...

PS: tu n'a d'ailleur pas su prouver en quoi cette initiative avait une chance d'aboutir, sauf en nous promettant un énieme base de discussion, pour le chemin tortueux et difficile de la paix...Je t'ai simplement donné une position plus simple,plus juste, et surtout beaucoup plus facile a faire appliquer...

re
by antoine Tuesday, Dec. 30, 2003 at 6:30 PM

je parlai d'une solution a un etat mais aussi d'une solution juste...ce qui implique que le nouvel se conforme au droit(propriété,réfugié,...) et pas a un droit raciste inspiré bibliquement...

Et puis quand tu dis que c ce que sharon veut, c tout a fait faux vu qu'il declare lui meme sont plan de separation irrémediable...

et ce qui m'a le plus choqué c que a cause de mon anti-sionisme déclaré tu m'attaque sous couvert d'antisémitisme et sur le fait que je voudrai pas la paix...Et cela c 2 choses dégeulasse

une ptit reponse
by idem Wednesday, Dec. 31, 2003 at 6:47 PM

le sionisme signifie "un pays pour les Juifs à Sion". Etre anti-sioniste, c'est être contre ce projet d'un pays pour les Juifs. C'est aussi être pour la disparition de cet état et donc pour la disparition des Juif installés là-bas depuis aussi longtemps que les Arabes. Point. Note : on peut DONC être contre l'occupation des territoires, sans être anti-sioniste. Par contre, on est nécessairement antisémite lorsqu'on veut réduire voire éliminer le rôle des Juifs (ou leur présence physique) en Israël .Donc ils faudrait pour ne pas etre taxé de judeophobe ne pas se proclamer antisioniste mais anti Sharone ou anti sioniste d'extreme droite ou anti integriste (juif ou arabe) cela me semble plus judicieux vu comment les révisio-negationiste trichent avec le mot sionisme …

le clou de l'affaire
by observer Wednesday, Dec. 31, 2003 at 8:23 PM

idem, il me semble que tu as fait une démonstration qui tient la route. La question qui reste en suspens est si elle tient aussi la censure?

Sur la route
by anarkofly Thursday, Jan. 01, 2004 at 10:04 AM


Le sionisme de droite et d'extreme droite a fait tellement de mal au Palestiniens qu'on a fini par metre tout les juifs dans le meme sac .
Peut etre aussi parce que la critique d'Israel nous était difficile .
Mais depus que les sionistes d'extreme gauche (dont je suis ) on repris l'initiative nous avons de nouveau la possibilité de nous exprimé . D'abord par ce que beaucoup d'internationaliste on vu affluer les sionistes de l'ultra gauche par exemple comme bouclier humain autour d'Arafat (depui que Sharon a parler de le faire tuer),
Les refusniks (militaire refusant de servir dans les territoire) , ou enkor le pact de geneve conclu entre les nationaliste moderé de l'OLP , les sionistes de gauche et les pacifiste des deux bords.
Esperons que cette fois nous arriverons a mettre les Facho dehor!
Hier nous nous sommes enkor fait tirer dessus ...mais cette fois l'armée tire sur des palestiniens , des Israeliens et des Internationaliste . C'est un choc en Israel de voir des jeune Israelien escalader le mur avec leur frere Palestiniens comme l'a été la revolte de certain haut gradé du Sin Beth contre la politique raciste du gouvernement . Dommage qu'il ait fallu autant de morts pour qu'enfin une lueur s'allume . Mais rien est gagné ...le gros annonce dejas des centaine de colonie sur le Golan .

Ne nous laissez pas tombé !!!
A+

c pas fini...
by antoine Thursday, Jan. 01, 2004 at 3:24 PM

deja j'aimerai repondre au monsieur qui nous fait une demonstration scabreuse sur le lien "evident...entre antisemitisme et antisionisme...Etre anti-sioniste c'est etre contre un ETAT JUIF pas contre le peuple juif ...Confond pas stp...Je suis juste pour un etat unique et multiconfessionel


Par ailleur, un autre est sur ou quasi, que le processus de geneve, est le debut de la fin...Deja faut savoir qu'il est refusé par les 2 camp...et puis il institue un etat raciste et colonial et affaibli l'autre...

Pour ce qui est de ta pseudo-démo, par le fait que les israeliens ont tiré sur des israeliens...Je te rapellerai que les sioniste n'ont pas hésité a coulé des navires transportant des nouveaux arrivant en Israel, et accuser pendant longtemps l'Angleterre ou les palestiniens...et c'etait ya +-50ans...donc c pas du tout une preuve, au contraire meme...Cela prouve surtout l'impasse sioniste...

Antisionisme et Judéophobie
by Blackmama Friday, Jan. 02, 2004 at 3:06 PM

Aurélie Filippetti : "Le discours radical pro-palestinien ne pourra plus être tenu chez les Verts comme il a pu l'être auparavant"

Aurélie Filippetti, 30 ans, est porte-parole des Verts Paris, conseillère d'arrondissement et professeur dans le secondaire. Petite-fille d'un résistant mort en camp de concentration, cette Verte, qui se déclare « sioniste et pro-palestinienne », fustige l'antisémitisme dissimulé derrière l'antisionisme et parle des remous suscités dans son parti par l'agression contre des jeunes de l'Hachomer Hatzaïr. Rencontre.

En tant qu'enseignante, avez-vous déjà été confrontée au problème de l'antisémitisme ?

Ma prise de conscience est venue par des amis, professeurs dans des zones difficiles (Dreux, La Courneuve…) et confrontés à l'antisémitisme depuis grosso modo deux ans. À force d'en parler, on s'est dit qu'il y avait vraiment un problème. Ces amis, qui sont des sympathisants de gauche, s'étonnaient, justement, du silence de la gauche là-dessus, de la gêne qu'il y avait à parler de la spécificité de l'antisémitisme.

On a raté quelque chose dans la politique de la ville avec les « jeunes des banlieues ». Du coup, quand une partie de ces jeunes tiennent des propos antisémites, on n'ose pas vraiment les condamner, de peur qu'on nous renvoie à la figure l'échec de l'intégration de ces jeunes-là, ou qu'on nous accuse de racisme. Dans le discours de la gauche, on ne peut pas parler d'antisémitisme sans qu'il y ait à côté racisme et xénophobie. Mais s'il faut lutter contre le racisme et la xénophobie, il y a aussi, je crois, une spécificité de l'antisémitisme.

Le 22 mars dernier, lors des manifestations anti-guerre, deux Juifs de l'Hachomer Hatzaïr (mouvement sioniste de gauche) se sont fait agresser par des gens issus de la manifestation. Comment avez-vous réagi ?

Au début, on ne savait pas trop d'où cela venait ; mais il y avait le film Digipress [une agence de presse indépendante, qui a filmé l'agression]. Tout de suite, il y a eu condamnation par tous les partis. Sur la liste de discussion interne des Verts, on a commencé à avoir un petit débat par mails. Certains (dont j'étais) se demandaient comment on pouvait se retrouver dans des cortèges avec des gens défilant avec des « Étoile de David = SS ». Là-dessus, on nous a renvoyé à la figure le communiqué de la CAPJPO [Coordination des appels pour une paix juste au Proche-Orient, groupe d'orientation trotskiste, violemment anti-israélien et antisioniste - ndlr], qui disait : « On condamne l'agression antisémite mais il y a eu une provocation du Bétar ». Avec un certain nombre de Verts, on s'est insurgés : « D'abord, il n'y a pas eu de provocation du Bétar. Et deuxièmement, pourquoi est-ce que ça vous gêne tant de dire : Attention, il y a un problème dans ces manifs, il y a des gens qui viennent là, qui ne sont ni des pacifistes, ni des progressistes, mais des sortes d'extrémistes islamistes, antisémites - qui sont pour moi des fachos. » Là, tout à coup, levée de boucliers : on ne pouvait pas dire cela.

À la suite de ces échanges, Pénélope Komites, adjointe au maire de Paris, a été contactée par l'Hachomer, pour venir assister à la conférence de presse donnée le mercredi suivant l'agression. Elle leur a dit de me contacter. Ils m'ont donc appelée en me demandant de leur expliquer les positions que j'avais prises. En accord avec le secrétaire des Verts Paris, Jean-Marc Pasquet, j'y suis allée, avec l'autre porte-parole, Xavier Knowles. La première version du manifeste de l'Hachomer disait : « Suite à l'agression qui a eu lieu, notre problème dans ces manifs, c'est que dans certains groupes, elles tournent à la manif anti-israélienne et antisémite. Vous, partis politiques de gauche, devez condamner ces dérives. On vous demande aussi de défiler avec les deux drapeaux, israélien et palestinien, dans la prochaine manif. » Xavier et moi avons pris la parole : « Nous savons très bien que les Verts ont une mauvaise image sur la question de l'antisémitisme, et sur nos liens avec les mouvements pro-palestiniens parfois les moins modérés. Mais nous, en tant que Verts Paris, voulons défiler la prochaine fois avec les deux drapeaux, palestinien et israélien, côte à côte. » J'ai également dit qu'il fallait arrêter de faire l'autruche sur l'antisémitisme.

Vous dites que les agresseurs étaient des « islamistes », ce que le ministère de l'intérieur a démenti (1). N'est-ce pas une manière de nier le fait qu'il y a des militants d'extrême gauche qui sont antisémites ?

Je connais les Verts, je ne connais pas assez l'extrême gauche pour dire cela. J'ai tendance à être prudente sur ce sujet. Dans mon parti, personne n'irait casser la gueule de jeunes de l'Hachomer. Mais il y a des gens qui intègrent certains partis de gauche et d'extrême gauche en se disant qu'ils sont pro-palestiniens. Ils les rejoignent sur cette question et uniquement là-dessus, et eux sont des antisémites.

Je crois que le vrai danger antisémite vient des réseaux islamistes extrêmes, qui trouvent à l'extrême gauche une sorte de relais ou de légitimation. Pour moi, il est difficile de dire autre chose, parce que la lutte contre l'antisémitisme ou le combat pour la mémoire, c'est au cœur des valeurs de la gauche. Donc, quelqu'un qui serait antisémite, je ne peux pas le définir comme étant de gauche, même d'extrême gauche.

Quelles ont été les réactions des Verts à votre proposition de porter les deux drapeaux ?

Ahmed Bouzid [collaborateur de Noël Mamère] a téléphoné à un de mes amis, Bernard Jomier, un Vert du 19e, en lui disant : « Si ta copine vient à la manif avec les deux drapeaux, j'ai une dizaine de copains qui vont lui casser la gueule ». Maintenant, il affirme avoir dit cela pour me prévenir. Ce n'est pas l'interprétation de Bernard, ni la mienne.

Comment comprenez-vous ces réactions ?

Cela m'a beaucoup surprise. C'est pour ça que, le lendemain, j'ai fait passer ma tribune dans Libération (2). J'étais vraiment frappée par la violence des réactions. C'était quelque chose d'épidermique. On m'a dit : « Tu ne peux pas défiler avec un drapeau taché de sang ! » Je ne disais pas qu'il fallait aller défendre la politique d'Ariel Sharon, simplement que les deux drapeaux symbolisent la coexistence des deux États, ce qui d'ailleurs est la position officielle des Verts ! Je disais aussi : « Quand on brûle un drapeau israélien, ce n'est pas la politique de Sharon qu'on condamne mais l'existence même d'Israël, l'existence même d'un État juif, c'est donc de l'antisémitisme et pas de l'antisionisme. Il faut arrêter de faire cette distinction entre antisionisme et antisémitisme. »

Les polémiques sont nées lorsque j'ai utilisé le mot « sioniste » en déclarant que « nous, la gauche, sommes tous des sionistes pro-palestiniens ». Pour moi, cela veut dire que l'on doit reconnaître l'existence de l'État d'Israël, sa légitimité et sa nécessité à exister. Cela ne veut pas dire que je veux que tous les Juifs aillent vivre en Israël, mais, en tout cas, que tous ceux qui le souhaitent puissent y aller et puissent y vivre en paix. Cela veut dire aussi que je suis pour un État palestinien, pour que les Palestiniens aient des droits civiques, économiques, sociaux… Et que la violence cesse. Le mot « sioniste » a déclenché une levée de boucliers. J'ai été traitée de colonialiste, de révisionniste…

Quelle est l'acception du mot « sioniste » chez ces Verts-là ?

Chez ces Verts, c'est la théorie du Grand Israël. Le sionisme signifie pour eux une politique expansionniste, colonialiste, dépassant même les frontières post-1967. Certains m'ont fait des procès d'une mauvaise foi… Lipietz, dont une partie de la famille a été en camp de concentration, m'a dit notamment : « C'est une insulte que tu fais à ma famille parce que, eux, quand ils sont sortis des camps, ont refusé d'aller en Israël. » Je lui ai répondu : « Je ne dis pas que tous les Juifs doivent aller vivre en Israël - ceux qui le souhaitent en tout cas, ceux qui se sentent menacés là où ils vivent. C'est quand même une sécurité pour les Juifs d'avoir un État juif qui peut les accueillir en cas de persécution. »

On a pu lire aussi sur la liste de discussion interne que le sionisme était « une doctrine raciste, ayant entraîné un ignoble nettoyage ethnique et des crimes contre l'humanité » (3).

Yves Contassot a dit que je n'avais pas à parler de ce dossier parce que je n'y connaissais rien, selon lui. Ceux qui ont été prudents ont dit que j'étais trop jeune, que je ne connaissais rien au dossier. Finalement, les Verts au niveau national ont décidé qu'il n'y aurait aucun drapeau dans leur cortège. Ils ont fait une réunion spéciale pour cela ! Mais, à la manif du 29 mars, il y avait des drapeaux palestiniens partout, ainsi que des drapeaux irakiens, des photos de Saddam Hussein, des slogans antisémites.

Patrick Farbiaz, qui est pro-palestinien à mort, s'est énervé et a fini par me dire : « De toutes les façons, tu n'es même pas juive, de quoi te mêles-tu ? Moi, je suis d'origine juive, je sais ce que c'est, tandis que toi, tu ne peux pas en parler. » Certains ont dit que je ne devais plus être porte-parole des Verts Paris parce que je n'avais pas porté la parole des Verts. Ma ligne de défense était de dire : « Expliquez-moi en quoi ce que j'ai dit est contraire à la position des Verts. »

On tournait en rond. Eux refusaient d'entrer dans le fond du débat : reconnaître la spécificité de l'antisémitisme en France, d'expliquer cela en faisant le lien avec la deuxième Intifada, de reconnaître qu'on avait peut-être péché en ayant une position déséquilibrée vis-à-vis d'Israël, en mettant en avant toujours les mêmes victimes du conflit, sans prendre le soin de rappeler à chaque fois qu'on était pour l'existence d'Israël. Sur Internet, des Verts, pas forcément des responsables, plutôt des militants, ont lâché des propos qui allaient bien plus loin, qui contestaient la légitimité d'Israël, qui parlaient d'« erreur historique ». Des propos qui, pour moi, sont scandaleux.

Être « sioniste pro-palestinien », est-ce un acte courageux aujourd'hui chez les Verts ?

Apparemment, oui ! Évidemment, quand j'ai utilisé le mot « sioniste », je savais bien que c'était un mot qui avait une histoire. Mais justement, en y réfléchissant, c'est le mot qui pouvait faire le clivage entre ceux qui sont vraiment des défenseurs des droits des uns et des autres et ceux qui sont en fait antisémites, et qui cachent leur antisémitisme derrière l'antisionisme. Car être antisémite, c'est honteux ; donc, on se dit antisioniste. Ceux qui réfléchissent un peu, qui ne sont pas forcément pour la politique de Sharon mais pour une position équilibrée, peuvent se dire sionistes pro-palestiniens, peut-être pas de prime abord parce que c'est vrai que « sioniste » est un mot qui est encore mal vu. Des Verts m'ont dit avoir évolué sur cette question.

Justement, certains Verts se disent ouvertement antisionistes, comme Patrick Farbiaz (4). Êtes-vous isolée au sein de votre mouvement ?

Non, je ne suis pas isolée. J'ai eu pas mal de soutien de la part de Pénélope Komites, Daniel Cohn-Bendit, Dominique Voynet et ses proches, Marie-Hélène Aubert, ainsi que tous les membres de mon courant, celui des rénovateurs - c'est-à-dire les jeunes élus issus des municipales de 2001. Les autres (Lipietz, Farbiaz, Contassot…) refusent qu'on emploie l'expression « sioniste propalestinien » et considèrent Israël comme un État colonialiste.

Lorsque Farbiaz crie « Vive le Hamas, le Hamas vaincra » (5), on est dans une autre dimension…

S'il l'a fait, c'est inacceptable. Je n'étais pas présente ce jour-là. Ceci dit, même Pénélope Komites, qui était dans la salle, m'a dit qu'elle ne l'avait pas entendu dire cela. Mais il en est capable par provocation, car c'est un provocateur, Farbiaz.

J'ai l'impression que, de la part des responsables Verts, il y a un tabou sur l'État d'Israël. Ils n'iront pas jusqu'à parler de « crimes contre l'humanité » car ils savent que ces mots sont chargés de sens pour les Juifs. Mais je trouve qu'ils ne font pas assez attention aux personnes engagées dans les combats pro-palestiniens, qui utilisent ces mots-là. Quand on parle de « crimes contre l'humanité » ou de « camp de concentration », on sait très bien que cela renvoie à une réalité spécifique, la Shoah ; dès lors, on ne cherche plus à atteindre les personnes en tant qu'Israéliens mais en tant que Juifs, c'est donc de l'antisémitisme.

Je pense que, de la part de ces gens-là, c'est une espèce de fonctionnement réflexe qui date des années 70, ou encore de Sabra et Chatila, où, tout à coup, la cause palestinienne est devenue le nouveau Vietnam. C'est une cause qui a cristallisé l'imaginaire de la gauche. On ne réfléchit plus assez à la violence qu'il y a dans la deuxième Intifada, ce que cela veut dire pour les Israéliens dans leur vie quotidienne. Et cela doit remettre en question un certain discours, ce qui est difficile à faire pour la gauche.

Peut-on dire qu'il y a aujourd'hui deux courants au sein des Verts sur cette question ?

Oui, il y a un clivage entre la « gauche » du parti et nous, qu'ils appellent les « jeunes loups » - car ils nous accusent de tout… En tout cas, on n'a pas baigné dans la même culture gauchiste qu'eux. Du coup, cela nous donne plus de distance par rapport à cette question, plus de faculté d'analyse.

C'est peut-être là la clé : cette culture gauchiste qui imprègne un certain nombre de personnes dans l'aile gauche du parti, des gens autour de Noël Mamère. Cette culture-là fait du mal sur la question de l'antisémitisme et sur le conflit israélo-palestinien.

Depuis cette affaire des drapeaux, que s'est-il passé chez les Verts ?

J'ai proposé de signer l'« Appel pour une paix républicaine » de l'UEJF. On a été un certain nombre à le signer. Ensuite, on a participé au rassemblement de l'UEJF à l'Hôtel de Ville. C'est Marie-Hélène Aubert qui a parlé, et d'ailleurs elle a été sifflée. Il suffit qu'on dise « Verts » pour qu'on attire ces réactions, alors que, pour nous, cela avait été un vrai combat d'y participer ! C'est… frustrant !

Cela a eu quand même un écho en interne, au sens où, maintenant, certains discours ne pourront plus être tenus. On a avancé de quelques pas. Le discours radical pro-palestinien ne pourra plus être tenu chez les Verts comme il a pu l'être auparavant.

Mi-avril, il y a eu un CNIR [Conseil National Inter-Régional, « Parlement » des Verts, qui a lieu tous les deux mois]. Comme il suivait la fin de la guerre, une sorte de bilan des manifestations a été fait. Patrick Farbiaz est intervenu en tant que président de la commission transnationale. Il s'est félicité de la mobilisation dans les manifestations, a bien entendu condamné l'antisémitisme, le racisme et la xénophobie, mais a parlé des « initiatives scandaleuses » de certains Verts à Paris, d'histoires de drapeaux, etc. Au terme de son allocution, je voulais monter à la tribune pour répondre, expliquer ma position ; et là, Yves Contassot, qui présidait la séance, m'a dit : « Non, on n'a plus le temps, on est en retard sur l'ordre du jour donc il n'y aura pas de débat. » C'est ainsi qu'ils ont verrouillé la discussion.

Depuis, il y a eu un reportage sur Canal +, qui s'appelait Juifs et Musulmans, les raisons de la haine. On y voyait une femme, Ginette Skandrani, présentée comme une militante verte, à côté de Mondher Sfar et de Serge Thion [militants négationnistes - ndlr]. Suite à ce reportage, j'ai demandé son exclusion (je ne la connaissais pas), ce en quoi j'ai été suivie par Alain Riou, président du groupe Vert au Conseil de Paris. Le conseil statutaire des Verts a été saisi. Le dossier vient d'être transmis au Conseil d'administration régional, seule autorité (avec le Collège exécutif des Verts) habilitée à prononcer une exclusion d'un adhérent.

Que pensez-vous du boycott des produits israéliens ?

Je suis contre. D'une manière générale, je suis contre le boycott national, sauf lorsque c'était l'apartheid en Afrique du Sud, où là, il y avait un État ségrégationniste. Il avait été question de boycotter les produits américains pendant la guerre du Golfe, et là aussi j'y étais opposée.

Je boycotte McDo, parce que… c'est McDo ! Mais je ne vais pas me mettre à boycotter, par exemple, Ben & Jerry qui font des glaces écolos. Cela me semble absurde !

Il n'y a pas de position officielle chez les Verts sur ce sujet. Pénélope Komites et moi avons vérifié : il n'y a jamais eu de vote sur ce sujet chez les Verts.

Lorsque Roger Cukierman parlait d'une « alliance brun-vert-rouge », avait-il tort ?

Il avait tort sur le fond et sur la forme. Sur la forme, il avait tort parce qu'en disant cela, il n'aidait franchement pas la gauche à réfléchir et à avancer. Sur le fond aussi, parce que lorsqu'on dit « brun », on parle de l'extrême droite chez qui l'antisémitisme est consubstantiel. Alors qu'à gauche, c'est plus le fait d'avoir des œillères, de faire l'autruche, un manque de réflexion sur l'évolution du monde. Ce n'est donc pas la même chose. L'antisémitisme n'est vraiment pas une valeur de gauche ; c'est la lutte contre l'antisémitisme qui est une valeur de gauche.

Propos recueillis par Raphaël Toledano, le 20 juin 2003 à Paris.