arch/ive/ief (2000 - 2005)

Un mur d’ici à Paris et retour
by Tine Demyttenaere Wednesday December 03, 2003 at 12:31 PM

Samedi 29 novembre, huit villes de Flandre ont connu une action contre "le mur de l’apartheid" construit par Israël autour de la Palestine et qui, lentement mais sûrement, enserre le peuple palestinien dans un étau: D’ici décembre 2004, le mur doit atteindre une longueur totale de 650 km. "C’est la distance d’ici à Paris, aller et retour", déclare Luc Laeremans, qui vient de rentrer de Palestine.

Samedi, place de la Monnaie à Bruxelles, on pouvait assister aux scènes suivantes: des passants matinaux, fébrilement occupés à leurs achats de fin d’année, interrompant leurs allées et venues à la vue de l’énorme "bulle" installée face au parvis de la Monnaie. A l’intérieur, ils pouvaient se réchauffer à l’aide d’un verre de thé chaud et oublier un instant qu’ils se trouvaient à Bruxelles, tout en commençant à s’imaginer ce que peut être la vie d’un Palestinien, de nos jours, une fois qu’il est coupé du monde extérieur par un énorme mur.

Une fois réchauffés et de retour à l’extérieur, leur regard tombait sur un mur de carton. Entre-temps, ils étaient abordés par des militants (une dizaine) qui leur demandaient de signer la pétition "Brisez le Mur".

Qu’est-ce que Louis Michel va faire, de toutes ces signatures? Procéder à leur classement vertical, comme Israël le fait avec les résolutions des Nations unies?

Liesbeth Vanmechelen, coordinatrice provinciale de 11.11.11, très en forme malgré le froid: "Jamais encore, je n’avais vu une action pour la Palestine aussi réussie, les gens réagissent de façon très positive, il y a beaucoup de monde. C’est une collaboration entre la Plate-Forme d’Action Palestine, 11.11.11 et Oxfam. Ce matin, nous avons commencé à mettre en place dès 10 heures et nous continuons ici jusque 17 heures."

Georges Spriet, de l’asbl Paix, et Jaak Mevis, de 11.11.11, essaient de maintenir "debout" le mur de carton, en dépit du vent. Jaak: "Tu vois, l’action marche bien, le mur se brise tout seul!" Georges Spriet: "Je pense que c’est une bonne action, on parle de nous sur les chaînes nationales et ça fait longtemps que ce n’était plus arrivé. Le danger, aujourd’hui, c’est que dès qu’on ose dénoncer un tant soit peu les crimes d’Israël, on se fait tout de suite traiter d’antisémite."

"Cette histoire n’a toutefois rien à voir avec l’antisémitisme, mais bien avec le colonialisme! Comment se fait-il donc qu’Israël se moque carrément des résolutions des Nations unies: une politique à deux poids deux mesures. Israël dispose au moins de 200 ogives nucléaires et missiles qui peuvent frapper à 3.000 km. Pourquoi n’en parle-t-on jamais? Je pense que le sentiment de culpabilité collectif des Européens y est effectivement pour quelque chose, et c’est certainement le cas pour l’Allemagne."

"Mais il ne faut pas oublier que, depuis 1956, Israël est l’avant-poste américain le plus important au Moyen-Orient. Il existe également un puissant lobby sioniste en Amérique et en Occident! Le point de vue de l’asbl Paix est celui-ci: Respectez les résolutions de l’ONU; Israël doit se désarmer sur le plan nucléaire, et cela vaut également pour toute la région. Mais notre premier souci, aujourd’hui, c’est la Palestine! La seule solution que nous voyons, ce sont les résolutions des Nations unies, qui doivent être respectées."

Comme il prépare une thèse sur l’agriculture urbaine, Luc Laeremans vient tout juste de rentrer de Palestine. "L’an dernier, je m’y étais rendu avec une équipe d’inspection civile du VPK (Vlaams Palestina Komité). A l’époque, nous nous rendions sans arrêt d’un endroit à l’autre, ça frisait parfois même le tourisme catastrophe. Cette fois, j’ai pu discuter un peu plus calmement avec les gens. J’ai senti que les gens étaient fatigués, la société palestinienne se retrouve tout doucement dans le 36e dessous."

"Au cours de la première Intifada, il y avait un but communautaire, c’était une véritable insurrection populaire. Aujourd’hui, avec la seconde Intifada, c’est l’abattement et le désespoir, qui règnent. Les Belges aiment bien la Palestine mais, au bout du compte, il n’y a pas grand-chose qui sort de l’Europe, disent-ils."

A l’aide de la carte de la Palestine, Luc montre à deux jeunes intéressés comment Israël construit son mur tout en hauteur, aujourd’hui, jour et nuit, du Nord au Sud. "En avril 2004, il doit avoir atteint Hébron, dans le Sud. Aujourd’hui, il s’étend de Jénine à Ariel : du Nord jusqu’au milieu de la Cisjordanie. En décembre 2004, c’est-à-dire dans un an tout juste, la Palestine doit être complètement emmurée."

"Il est trop tard pour la solution à deux Etats. Avec la superficie qui leur reste, il leur est pratiquement impossible de survivre, ils sont coupés des réserves d’eau et des terres cultivables. A l’intérieur, les Israéliens sont en train de liquider toutes les terres fertiles et à dépeupler oliveraies et vergers… Israël, comme raison, invoque «la sécurité»! La Palestine se mue en une vaste prison, à l’intérieur de laquelle les gens sont en train de s’épuiser, lentement mais sûrement."

"Plusieurs villages palestiniens se trouvent de l’autre côté du mur, 15.000 personnes se retrouvent complètement isolées. Elles ne peuvent ni retourner en Palestine, ni voyager librement en Israël. Les routes de jonction venant d’Israël sont interdites aux Palestiniens et elles divisent le pays en plusieurs enclaves complètement fermées: Jénine, Naplouse, Jéricho, Ramallah, Hébron."

"Les médias traditionnels nous présentent trop rarement cet aspect des choses, on ne dit que trop peu la vérité. A l’issue de ma visite, j’ai donné trois interviews importantes. Chaque fois, on m’a dit la même chose: Ho! pas trop de politique, pas trop se lamenter sur le sort des Palestiniens, sinon on va ramasser le lobby juif sur la casaque."

"Ils essaient tout simplement de rendre les gens malades et dingues de peur en tirant sans arrêt. Parfois, il s’agit même de bombes qui ne font aucun dégât, mais ils veulent rendre les gens verts de trouille. A Rafa, j’ai entendu le récit d’un père à propos de son fils de 10 ans. Au milieu de la nuit, son fils s’était réveillé en grande panique parce qu’il régnait un silence de mort… Quand ils tirent, au moins, les gens savent où les Israéliens sont, mais quand il fait calme, ils peuvent faire irruption à tout moment chez vous. Bref, plutôt les tirs que le silence."

Claudine Huyghe, du VPK (Vlaamse Plalestina Komité): "Je participe souvent à des actions. Avec ce mur, Israël est allé trop loin, l’injustice de l’occupation devient bien plus concrète et plus évidente aux yeux des gens. Ca va trop loin, l’opinion publique est mûre, pour cette action."

Kurt, d’Oxfam: "Depuis le mur, l’opinion publique est plus ouverte vis-à-vis des Palestiniens. On fait souvent référence à l’Holocauste, mais cela ne justifie pas qu’Israël, aujourd’hui, doive massacrer les Palestiniens. Les Palestiniens ont très certainement le droit de mener une lutte armée, mais attention à leurs objectifs! Ce n’est pas parce que les Israéliens choisissent des cibles civiles que les Palestiniens doivent répondre en faisant la même chose. Mais, enfin, d’accord, les Palestiniens mènent une lutte de libération entièrement légitime contre le colonialisme israélien."

Sem et Tesin se trouvent à proximité d’une petite échoppe maroco-turco-palestinienne (?) toute parfumée des délicieux amuse-gueules végétariens qu’on y prépare. "Les Israéliens peuvent vivre et travailler à côté de chez nous mais, s’il vous plaît, qu’ils laissent donc leur armée en dehors de la Palestine. Je n’ai pas encore pu mettre les pieds dans mon propre pays et je suis palestinien. Vous trouvez ça normal, Madame? Israël ne veut pas la paix, c’est clair, à mes yeux. L’Europe ne se conduit pas honnêtement avec nous. Une occupation reste une occupation. 4,5 millions de Palestiniens sont disséminés à travers le monde, en Syrie, au Liban, en Jordanie, partout. Laissez-nous donc rentrer chez nous, il y a assez de place pour tout le monde! Il y a même assez de place pour que les Israéliens puissent vivre avec nous. Ce mur est un mur raciste. Les sionistes dirigent l’Amérique. Aussi longtemps que les Palestiniens ne pourront pas rentrer dans leur pays, aucune paix ne sera possible pour nous, c’est aussi simple que cela."

Bert De Belder, d’intal, s’obstine courageusement à collecter des signatures. "Je trouve que c’est une action vraiment excellente. Des Italiens, des Chinois, des Slovènes ont déjà signé, la plupart sont des passants occasionnels, mais ils signent très facilement. La première action à laquelle j’ai participé, c’était pour les Palestiniens au Liban, il y a 22 ans, j’étais encore étudiant en médecine. Aujourd’hui, je fais encore la même chose. Chez intal (Organisation Nord-Sud de libération internationale), nous avons beaucoup de collaborateurs provenant de la Palestine: conférenciers, partenaires, visiteurs... La lutte en Palestine est devenue très grave: du fait du mur, ils sont coupés de leurs approvisionnements de base et, chaque jour se pose le même problème : "survivre". Ce mur est une conséquence des accords d’Oslo, où les dirigeants palestiniens de l’époque ont vraiment fait beaucoup trop de concessions."

Omer Mommaerts, un syndicaliste CSC qui n’est pas inconnu non plus dans le mouvement tiers-mondiste. "C’est une grande action, c’est du concret, les gens comprennent de quoi il retourne: avec ce mur, Israël a dépassé les bornes! L’an dernier, les gens avaient encore des doutes, aujourd’hui, ils signent tout de suite. La précédente campagne autour du boycott des produits israéliens était beaucoup trop abstraite."

A 16h30, tous ensemble, nous avons procédé à la destruction symbolique du Mur de l’Apartheid, place de la Monnaie. Quelques personnes ont piétiné avec une rare violence un dérisoire mur de carton… inoffensif.

Traduction: intal.

Le mur: reportage sur TV5
by antoine Wednesday December 03, 2003 at 02:22 PM

Mardi 2 décembre, sur TV5, il y avait un reportage sur ce mur.
Malgré que je sois attentif à la question Palestinienne, j'ai été particulièrement impressioné par ce mur.

Il traverse des villages. Souvent, les points d'eau se trouvent dans la partie Israëlienne. Pour pouvoir travailler leur terre de l'autre côté du mur, ils doivent attendre l'ouverture d'une porte (3 fois par jour quand tout va bien).

Les soldats Israëliens leur prennent leur carte de passage et mettent plus d'une heure à vérifier. Les soldats Israëliens, ne rendent les cartes aux fermiers Palestiniens qu'après les humiliations d'usage (attente inutile, font semblant de donner la carte puis la retire... c'est tellement drôle...).

Deux mères sont complètement abassourdies. Elles sont institutrices dans un village Palestinien de l'autre côté du mur. Ce soir là, elles n'ont pas pu passer. Leurs enfants les attendent à la maison. Les soldats Israëliens ont décidé de les laisser là.

Ma famille n'a pas pu rester insensible à cette situation. Comment peut-on les aider ? "On comprend pourquoi ils ont besoin d'armes !" "Je ne pourrais pas supporter une telle situation, je me battrais contre eux, directement !"

Le cirque des sionistes lors de la conférence à l'ULB, ainsi que leur voisin, le président de l'Union des Juifs de Belgique, me dégoûte.
Ce genre de personnes mériteraient d'être en prison pour leurs propos en faveur d'Israël, contre le peuple Palestinien.
Le racisme est punissable. Israël est un pays raciste.
Pendant la seconde guerre mondiale, on a tondu les collaborateurs, qu'on punisse également, aujourd'hui, les organisations et personnes en faveur d'Israël, voilà qui serait juste et équilibré.