arch/ive/ief (2000 - 2005)

Saddam, les médias et nous : testez vos connaissances
by Michel Collon Tuesday March 18, 2003 at 11:17 PM

En 1991, les médias, aussi bien en Europe qu'aux USA, avaient répercuté une accumulation de médiamensonges destinés à convaincre l'opinion publique de soutenir la guerre contre l'Irak. Aujourd'hui, plusieurs gouvernements européens ont pris leurs distances avec la tactique de Bush. Pour autant les médias européens nous disent-ils toute la vérité à présent? Ont-ils soumis à évaluation critique toute l'info ressassée depuis douze ans? Test-médias.

Réponses après les questions:
1 «Saddam a été puni à partir du moment où il a envahi le Koweït en 1990.»
O VRAI O FAUX
2 «C'est Saddam qui est seul responsablede la meurtrière guerre Iran - Irak (1980-1988).»
O VRAI O FAUX
3 «Saddam a volontairement gazé 5.000 civils kurdes à Halabja. »
O VRAI O FAUX
4 «Saddam possède les plus dangereuses armes du monde (Bush, janvier 2003). »
O VRAI O FAUX
5 «L'Ouest doit éliminer Saddam car c'est un tyran.»
O VRAI O FAUX
6 « Saddam ne saurait être un modèle de société. »
O VRAI O FAUX
7 «Saddam a été un instrument des USA, pas question de voir en lui un anti-impérialiste. »
O VRAI O FAUX
8 «Mais ce serait quand même bien si on se débarrassait de Saddam. »
O VRAI O FAUX
9 «Quand même, il est impossible de soutenir Saddam ! »
O VRAI O FAUX
10 « Finalement, ne doit-on pas dire ‘Ni Bush, ni Saddam' ? »
O VRAI O FAUX
XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX

1 «Saddam a été puni à partir du moment où il a envahi le Koweït en 1990.»

FAUX : Le Congrès US avait décidé un embargo contre l'Irak en 1989. Après que Saddam ait appelé tous les pays du Moyen-Orient à s'unir pour augmenter leur indépendance face aux USA.
Pourquoi les médias occidentaux ont-ils soigneusement caché l'histoire du Koweït ? Celui-ci avait toujours fait partie de l'Irak. Mais les colonialistes britanniques l'en avaient séparé en 1920 « afin d'affaiblir l'Irak et de lui ôter son accès à la mer » (lettre du gouverneur britannique de l'époque). Aucun pays de la région n'a reconnu cette séparation. Et tous les régimes irakiens successifs ont cherché à récupérer cette province perdue.

2 «C'est Saddam qui est seul responsablede la meurtrière guerre Iran - Irak (1980-1988).»

FAUX : Saddam a effectivement déclenché cette guerre, malheureusement, après des provocations iraniennes dont la tentative d'assassinat de Tareq Aziz. Mais c'est Khomeiny qui a refusé un accord de paix et l'a fait durer huit ans.
Mais le plus important ici est la stratégie diabolique des Etats-Unis : diviser pour régner. Le ministre US Kissinger disait espérer que cette guerre « dure le plus longtemps possible et qu'il en meure le plus longtemps possible des deux côtés ». En fait, les USA n'ont jamais toléré qu'un Etat du Moyen-Orient ait les moyens de résister à Israël, ils ont attaqué l'Iran, le Liban, la Syrie, la Libye, les Palestiniens… Et l'Irak, fidèle soutien des Palestiniens.

3 «Saddam a volontairement gazé 5.000 civils kurdes à Halabja. »

DOUTEUX : Rappelons les très nombreux médiamensonges lancés en 1991 quand USA et Europe ont attaqué l'Irak : couveuses prétendument volées par l'armée irakienne à Koweït-City, marée noire attribuée à Saddam, mais ?uvre en réalité de l'armée US, prétendues tortures de pilotes occidentaux prisonniers, bla-bla sur la « 4ème armée du monde » présentée comme une menace pour nous tous… Tout cela s'est effondré (voir livre Attention, médias ! Les médiamensonges du Golfe)
Quant à Halabja, dans le New York Times du 31 janvier 2003, Stephen C. Pelletiere, responsable de la CIA chargé de suivre cette guerre, et professeur à l'US Army War College, a démenti Bush, indiquant que ce gazage 1° était survenu par erreur lors d'une bataille entre l'armée irakienne et l'armée iranienne. 2° Et surtout était presque certainement l'?uvre de l'armée iranienne, seule à posséder le type de gaz (à base de cyanure) utilisé à cet endroit. Sa conclusion : « Il y a peut-être des justifications pour envahir l'Irak, mais Halabja n'en est pas une. »
Quoiqu'on en pense, que dirait-on si Cuba bombardait Washington parce que les Etats-Unis ont commis de multiples crimes de guerre, tenté d'assassiner Castro, d'envahir l'île et y accumulent des armes de destruction massive à Guantanamo ?

4 Saddam possède les plus dangereuses armes du monde (Bush, discours Etat de l'Union 2003). »

FAUX : Israël possède 200 têtes nucléaires, illégalement et clandestinement, refusant lui, toute inspection. Il a emprisonné Mordechai Vanunu, ingénieur israélien qui avait eu le courage de révéler l'existence de ces arsenaux. Voilà le grand tabou des médias occidentaux. Pourquoi l'Irak, Etat souverain, doit-il désarmer, quand Israël menace toute la région ?
Mais le plus grand danger, ce sont les USA eux-mêmes qui ont utilisé les armes nucléaires (Hiroshima), chimiques (Vietnam – Agent Orange) et bactériologiques (Cuba). Aujourd'hui, ils refusent de s'engager à ne pas utiliser leurs armes nucléaires, même contre un petit pays non nucléaire. Sous prétexte de « menace ». Hitler aussi se disait « menacé » par la Pologne.
Ajoutons que, même en 1991, quand il a été attaqué par l'Ouest, Saddam n'a pas employé ses armes chimiques.

5 «L'Ouest doit éliminer Saddam car c'est un tyran.»

HYPOCRITE : Les Etats-Unis ont soutenu et soutiennent les pires dictateurs de la planète : Mobutu, Pinochet et tous les dictateurs d'Amérique latine, les généraux turcs, etc… Pour servir leurs intérêts économiques.
Le véritable objectif des USA a été défini dès juillet 2002 par un proche de Bush, le sénateur Lugar : «Nous allons gérer le business du pétrole, nous allons faire de l'argent, et ça servira à reconstruire l'Irak, car de l'argent, il y en a là-bas.» (Comité des Affaires étrangères du Sénat US, 31 juillet 2002).
Esso, Shell et BP figurent au TOP 15 des multinationales. Avant 1958, elles colonisaient et pillaient l'Irak. Chassées par une révolution de libération nationale, elle n'ont cessé de vouloir récupérer les deuxièmes réserves d'or noir du monde. Et d'en évincer leurs concurrents français (Total) et russe (Lukoil). Washington veut absolument exercer un chantage complet sur l'approvisionnement énergétique de ses rivaux : Europe et Japon.
Les Etats-Unis sont une économie en faillite : leurs exportations sont inférieures à leurs importations de 450 milliards $ par an. Ils ne tiennent le coup que par les emprunts allemands et japonais. Et en confisquant les pétro-dollars du Moyen-Orient, grâce aux émirs et cheikhs corrompus qu'ils imposent dans les Etats-marionnettes du Golfe.

6 « Mais Saddam ne saurait être un modèle de société. »

REPONSE : Saddam représente la bourgeoisie irakienne nationaliste qui a chassé le colonialisme britannique en 1958. A ce titre, il présente deux aspects.
D'un côté, il ne constitue certes pas un « modèle de société » pour les ceux qui prônent une société socialiste et démocratique comme seul moyen d'assurer le bien-être de toute la population.
Mais, comparé aux autres régimes du Moyen-Orient, son bilan est bien plus positif : au lieu de reverser les pétrodollars aux multinationales US, il les a utilisés – tous les observateurs occidentaux le reconnaissent - pour développer l'enseignement, les soins de santé et en général l'économie de son pays.
L'Irak est aussi le seul pays laïc du Moyen-Orient. Dans ses administrations, il n'est pas rare de voir des femmes diriger des hommes. Comparez avec les pays voisins…

7 «Saddam a été un instrument des USA, pas question de voir en lui un anti-impérialiste. »

REPONSE : Il faut partir des faits, de la réalité économique. L'aggravation de la crise et de la guerre économique pousse les multinationales des pays riches à ne laisser aux bourgeoisies du tiers monde même plus les miettes du gâteau. Elles entendent contrôler totalement les pays stratégiques, leurs entreprises et leurs matières premières.
Pour survivre, ces bourgeoisies locales n'ont souvent plus d'autre issue que de s'opposer à l'impérialisme. Leur résistance a pour effet d'entraîner de plus larges populations dans la lutte. Or, pour résister à la menace planétaire que représentent aujourd'hui les Etats-Unis et leurs alliés, les peuples ont intérêt à ce que le front anti-impérialiste soit le plus large possible.
Quelle est aujourd'hui en Irak la contradiction principale ? Celle qui oppose ce pays à la menace d'occupation impérialiste. Celui qui met au premier plan une autre contradiction, celle entre la bourgeoisie irakienne et sa population, fait le jeu de Bush.
Imaginez un homme et sa femme en pleine dispute. Survient un bandit qui veut s'emparer de leur propriété et commence à mettre le feu à leur maison. Quelle est la tâche prioritaire ? Continuer la dispute ou éteindre l'incendie ?

8 «Mais ce serait quand même bien si on se débarrassait de Saddam. »

REPONSE : Bien pour qui ? Actuellement, Saddam représente l'indépendance de son pays, c'est-à-dire le refus de donner le pétrole gratuitement aux multinationales. Tout dirigeant « importé » - que ce soit par les bombes ou par un chantage - sera une marionnette. Dire « nous devons remplacer Saddam » revient, dans le rapport de force actuel, à laisser faire les classes dominantes des Etats-Unis et d'Europe.
Remplacer les rebelles par des marionnettes est une stratégie globale de la recolonisation. Madame Rice, ministre de Bush, a déclaré : « Aussi bien l'Irak de Saddam que les Palestiniens d'Arafat ont besoin de nouveaux leaders (…) capables de diriger des réformes comme en Serbie et en Afghanistan »[1] . Voyons les résultats… En Afghanistan, dix ministres sur seize ont le passeport US et le président Karzaï est un vulgaire employé de la multinationale pétrolière US Unocal. En Serbie, le prix du pain est passé de quatre à trente dinars ; celui de l'électricité a été multiplié par quatre, privant de courant et donc aussi de chauffage urbain 170.000 familles rien qu'à Belgrade. Le FMI a exigé 800.000 licenciements avant de privatiser tout au service des multinationales.
Les « dirigeants démocratiques made in USA », c'est la recolonisation du monde. Impitoyable pour ses travailleurs et ses paysans.

9 «Quand même, il est impossible de soutenir Saddam ! »

REPONSE : La première question, pour tout anti-impérialiste, est : faut-il tout faire, oui ou non, pour empêcher les Etats-Unis de dominer totalement le monde ? Réponse : oui. Car, si on se laisse le rapport de forces se détériorer à leur avantage, c'est un nouveau fascisme qui menace tous les peuples du monde.
Lorsqu'Hitler et Mussolini menaçaient le monde, il fallait soutenir tous ceux qui leur résistaient. Y compris, par exemple, le dictateur éthiopien Haïlé Sélassié qui s'opposait à l'invasion italienne.
Faut-il donc soutenir la résistance du peuple irakien et de ses dirigeants contre l'invasion ? La réponse est oui également.
Après l'Irak, Bush s'en prendra à l'Iran, la Syrie, voire l'Arabie saoudite. Si Washington contrôle totalement le Moyen-Orient (et les autres grandes régions stratégiques : Asie centrale, Caucase, Afrique centrale, Maghreb, nord de l'Amérique latine…), le rapport de forces sera plus désavantageux pour les prochaines guerres planifiées par Bush.
Et quand les USA occupent une région, les conditions de lutte y deviennent bien pires pour tous les peuples, qu'il s'agisse de la lutte pour le droit de manger, de la lutte pour la démocratie, pour l'environnement ou la solidarité entre les peuples. Une occupation militaire US est la pire catastrophe, et pour ces peuples, et pour le rapport de forces international. Si les dirigeants irakiens résistent à l'impérialisme US, est-ce une bonne chose pour leur peuple ? Oui.
Un communiste irakien avait fui Saddam et pris la nationalité algérienne. Revenu en avril 2002 avec notre mission des « Inspecteurs de la paix », il fut très clair : « Aujourd'hui, mon devoir en tant que communiste est de défendre mon pays et ses matières premières contre les USA. Avec l'actuel régime s'il le faut. Une fois la menace écartée, ce sera au peuple irakien de décider s'il faut transformer ce régime ou le remplacer. Que les pays riches décident à notre place est du paternalisme colonialiste.»
Les pays impérialistes prônent la suppression de la souveraineté des Etats du tiers monde afin de justifier leurs ingérences intéressées et pouvoir menacer tout peuple qui résiste à leur mondialisation. Mais le droit à la souveraineté est un acquis de la lutte anticoloniale, et il faut le préserver.
C'est pourquoi l'intérêt global des peuples est de soutenir les pays et dirigeants qui résistent à la mainmise des Etats-Unis. Ce qui n'implique pas d'approuver toutes leurs actions passées ou présentes, ni le reste de leur programme politique. Mais mettre en avant cette critique au moment où Bush cherche à exciter l'opinion publique internationale en sa faveur, c'est contre-productif.

10 «Finalement, la seule position possible, c'est ‘Ni Bush, ni Saddam‘ » !

REPONSE : C'est ce que dit depuis douze ans la tendance dominante dans la gauche, avec des conséquences très négatives.
En 1991, sous le mot d'ordre, déjà, de ‘Ni Bush, ni Saddam', ils ont recommandé non la guerre, mais l'embargo contre l'Irak. Une autre forme de guerre en réalité : bientôt deux millions de victimes.
En 1995 et 1999, avec ‘Ni l'Otan, ni Milosevic' ils ont approuvé (et parfois même réclamé) les bombardements de l'Otan. Prélude à l'imposition d'un gouvernement du FMI et à l'occupation par l'OTAN du Kosovo. Lequel vit aujourd'hui sous la terreur de la maffia albanaise et le nettoyage ethnique de toutes les minorités nationales : Serbes, Roms, Juifs, Musulmans, Turcs, etc.
En 2001, avec ‘Ni Bush, ni les talibans', ils ont fermé les yeux sur l'occupation néocoloniale de l'Afghanistan, visant à construire un pipeline US et à installer des bases militaires au c?ur de l'Asie centrale. On a aussi souvent entendu ‘Ni Sharon, ni Arafat'…
Demain, on entendra encore les 'Ni, ni' lorsque Washington attaquera l'Iran, la Corée, la Colombie (c'est déjà commencé), les Philippines ou d'autres pays. Toujours avec des prétextes humanitaires, toujours avec des médiamensonges pour diaboliser qui résiste. Il est temps d'en revenir à la véritable position fondamentale de la gauche, qui se doit d'être d'abord anticolonialiste : ne pas mettre sur le même pied l'agresseur et l'agressé, démasquer la propagande de guerre et les médiamensonges des classes dominantes, et surtout dénoncer les intérêts économiques cachés derrière chaque guerre.
La seule position anti-impérialiste conséquente, c'est de refuser la guerre globale et de soutenir la résistance des peuples. Le ‘Ni, ni' condamne à la paralysie. Le ‘Ni, ni' empêche d'élargir et d'unir la résistance à l'impérialisme US.


[1] AFP-Rome, 3 juillet 2002.

la longue discussion de Halabja
by Luc Wednesday March 19, 2003 at 12:53 AM

On peut écrire plusieurs livres sur les mensonges et la vie que Halabja a eu après Halabja (la manipulation de Halabja). Les Kurdes ont de tout temps été manipulés par le Shah et les pays limithropes de l'Iraq etc. Alors qu'on en finisse avec le oui ou non de Saddam et Halabja et les images qu'on nous resort à chaque reportage sur l'Iraq, les Anglais n'ont pas vraiment traîté les Kurdes gentillement non plus, je passe la Turquie pour ne vexer personne. Le problème Kurde est un problème de délimitation territoriale tout comme c'est le cas dans beaucoup de conflit interne dans les pays qui furent colonisé par les puissances Européennes (je ne vais tout de même pas devoir vous rafraîchir la convention de 1885 à Berlin avec notre barbu LéopoldII et c'te moustachu de Bismarck). Pour en finir donc : AL ANFAL ce fut une guerre civile qui a eu lieu et où l'on a pu compter dans les 180.000 morts et 4.000 villages détruit. Si l'on veut venger les Kurdes on aurait du le faire à la fin des années 80 mais la vie d'un tas de Kurdes ne vaut pas un bon petit baril Q8-ien. Alors arrêtons de se jouer les morts de Halabja

Les dangereux mensonges de M. Collon
by Kurdistan Libre! Wednesday March 19, 2003 at 11:08 AM

C'est vraiment scandaleux, ce négationnisme de M. Collon.
Après son livre affreux, mensonger et rididule sur l'ex-Yougoslavie, une apologie complète du dictateur Milosevic, il passe maintenant aux insultes des victimes Kurdes!

C'est plus la peine d'argumenter contre ces mensonges dégeulasses. Au nom de nos frères et soeurs tombés, je vous condamne M. Collon. Honte à vous.

A bas Saddam! A bas Assad! A bas Erdogan! A bas Khamenei!
Contre l'agression Américaine!
Pour un Kurdistan enfin libre!

Beurk
by Jean Wednesday March 19, 2003 at 11:31 AM

Rapelons que monsieur Collon est un proche du PTB.

Quand çà les arrange, le PTB est toujours le premier à faire du révisionnisme historique.

Ce genre de document est négatif pour la cause
by Olivier Laurent Wednesday March 19, 2003 at 11:48 AM
olivier.laurent@archangelis.com

Ce genre d'article est extrêment négatif pour la cause de ceux qui désire mettre un terme à la guerre contre l'Irak.

Tout nier (surtout ce "douteux" concernant la tragédie Kurdes) est extrêment néfaste.

Vous faites exactement la même chose que ceux que vous combattez, N'acceptez que le blanc et le noir et rejeter toute nuance.
Pour combattre cette guerre, nul besoin de prendre la défense d'un Saddam Husseim.

Il a attaqué l'Iran, attaqué le Koweit et tué tout opposant qui osait s'opposer à son despotisme par des moyens on ne peut plus cruel dans son pays.

Les faits sont là. Les nier vous font perdre tout crédit.

Les bonnes questions par contre sont: faut-il tuer des milliers d'innocents? Représente-il une menace pour nos contrées (les a t-il d'ailleurs jamais menacés?)? Les Etats-Unis ont reçu de qui exactement ce droit de faire et défaire des gouvernement dans d'autres nations? Que voudraient-ils mettre en place exactement à la place de Husseim et pour le bénéfice de qui?

Je vous conseille le dernier discours de Cook (UK) pour mieux appréhender la façon de choisir et d'utiliser des arguments et de frapper dans le mille. Blair doit encore en faire des cauchemards...

Olivier

Stan Goff, ex-militaire de la US-army, donc pas PTB, sur la question
by Wouter Van Damme Wednesday March 19, 2003 at 12:13 PM
woutervd@pi.be

ROLLING START

The Idiot Prince Will Have His War

by Stan Goff

© Copyright 2003, From The Wilderness Publications,
http://www.copvcia.com. All Rights Reserved. May be reprinted,
distributed or posted on an Internet web site for
non-profit purposes only.

[FTW asked retired U.S. Army Special Forces Master Sergeant
Stan Goff to re-examine what we can expect on the
battlefield when the United States begins its invasion. The
former instructor of military science at West Point
describes a scenario that is vastly different from what was
expected last September before the Bush administration
encountered effective economic and political opposition.
Now denied the luxuries of a multi-front invasion from
Turkey and Saudi Arabia the U.S. war strategy has changed.
The bottom line is that a great many more innocent
civilians are going to be killed. And the first and
possibly crippling breakdown of U.S. plans will happen in
Kurdestan. - MCR]

March 17, 2003, 1500 hrs PST (FTW) -- The full-scale,
unilateral US invasion of Iraq appears - to many - to be
imminent as this is written. In just hours President Bush
is expected to give Saddam Hussein a 72-hour ultimatum to
leave the country or else the bombs start falling. I have a
reservation or two left about that, based partly on hope,
but partly on the even riskier assumption that this
administration realizes that it has miscalculated and that
the consequences of invasion may now outweigh the risks -
from their standpoint - of no invasion.

The Bush regime seems to have a clear understanding of what
desperate straits they were in well before 9-11. The empire
is in decline, and this means Americans will have to
reconcile themselves to a new world in which their
profligate lifestyle becomes a thing of the past.
Americans do not understand that this is an irremediable
situation. That is why we are witnessing the beginning of
what is possibly the most dangerous period in human history.

If the administration decides miraculously in the next few
days not to invade, the most unthinkable risks will recede
significantly. But this Junta has repeatedly displayed a
reckless adventurist streak that alarms even their own
political allies, and it appears that the hotter heads will
prevail.

The actual tactical situation, never terribly auspicious
because of the Kurdish wild card that receives far too
little attention (and which I will address later), has
deteriorated for the US. The denial of a ground front from
both Saudi Arabia and Turkey has completely reshuffled the
tactical deck, and caused many a sleepless night for
harried commanders from Task Force Headquarters all the way
down to lonely infantry platoon leaders.

The ground attack will now go through Kuwait, a single
front across which an unbelievable series of heavy,
expensive, high-maintenance convoys will pass, many on long
journeys to 18 provincial capitals, 19 military bases, 8
major oil fields, over 1,000 miles of pipeline, key terrain
along minority Shia and Kurdish regions, as well as
Baghdad. But attacking forces are not the only mechanized
ground forces.

The huge logistical trains that must consolidate
objectives, set up long-term lines of communication, and
deliver daily support, will also be held up until airheads
are seized within Iraq to augment ground transportation
with airlifts of people and equipment. This shifts a
higher emphasis onto airhead seizures (and therefore Ranger
units), and forces the security of the airheads themselves
before they can become fully functional.

Baghdad may require a siege, which has already been
planned, but now that siege doesn't begin without a much
lengthier invasion timeline that depends much more heavily
on airborne and airmobile forces that can be dropped onto
key facilities to hold them until mechanized reinforcement
can arrive. At this writing, the 101st Airborne (which is
actually a helicopter division) has not even completed its
deployment into the region. Sections of the 82nd Airborne
(a genuine paratroop division) are still occupying
Afghanistan.

The increased dependence on airlift is further complicated
by weather. While extreme summer heat doesn't reach Iraq
until May, the pre-summer sand storms have already begun.
US commanders have pooh-poohed the effect of these storms,
but they are simply putting on a brave face for the
public. Sand can be a terrible enemy. It clogs engine
intakes, just as it clogs eyes and noses, gathers in the
folds of skin, falls in food, works its way into every
conceivable piece of equipment, and takes a miserable toll
on materiel, machinery and troops. When air operations
become more critical to overall mission accomplishment, and
when light forces (like airmobile and airborne divisions)
are operating independent of heavier mechanized logistics,
weather like sand storms matters...a lot.

The order of battle is widely available on the web, and
there's no reason to recount it here. The reason is, even
with all these debilities and setbacks, the results of the
invasion are certain. Iraq will be militarily defeated and
occupied. There will be no sustained Iraqi guerrilla
resistance. There will be no Stalingrad in Baghdad. We
should not buy into the US bluster about their
invincibility, but neither should we buy into Iraqi bluster.

Last September retired Marine General Paul Van Riper was
selected to play the Opposing Forces (OPFOR) Commander
named Saddam Hussein for a 3-week-long, computer simulated
invasion of Iraq, called Operation Millennium Challenge.

He defeated the entire multi-billion-dollar US electronic
warfare intelligence apparatus by sending messages via
motorcycle-mounted couriers to organize the preemptive
destruction of sixteen US ships, using pleasure vessels.
At that point, the exercise controllers repeatedly
intervened and told him what to do; move these defenders
off the beach. Stop giving out commands from mosque
loudspeakers. Turn on your radar so our planes can see
you. Because every time Van Riper was left to his own
devices, he was defeating the US.

While all this is surely amusing, does it really mean the
Iraqis will defeat the US during an invasion?

Certainly not. It will, however, make it far more
expensive, slow, difficult, and deadly for Iraqis.

The Iraqi military won't prevail because they can't. They
are weak, under-resourced, poorly led, and demoralized.
What the delays mean is that the US will depend on
sustaining the initiative and momentum through brutal,
incessant bombing designed to destroy every soldier, every
installation, every vehicle, every field kitchen in the
Iraqi military.

War will inflict terrifying casualties on the Iraqi
military. There will be collateral damage to civilians,
even with attempts to attenuate that damage, and in case we
fail to remember, soldiers are like everyone else. They
have families and loved ones.

What is uncertain is the aftermath.

This is the variable that is never factored into the
thinking of our native political lumpen-bourgeoisie; their
deeds plant the seeds of future and furious resistance.

If half million Iraqi soldiers die, and 100,000 civilians
are killed in collateral damage, we have to remember that
there are at least (for the sake of argument) five people
who intensely love each of the dead. And if we think of
the grief of millions after this slaughter, and of the
conversion of that grief into rage, and combine that with
the organization of the internecine struggles based on
historical ethnic fault lines (that the Ba'ath Party has
repressed), we begin to appreciate the explosive complexity
of post-invasion Iraq.

This invasion will also ignite the fires of Arab and Muslim
humiliation and anger throughout the region.

Most importantly, in my view, there are the Kurds.

Anyone who has followed the news has heard about "Saddam's"
gassing of the Kurds. That's how it is portrayed.
Nonetheless, few people have bothered to find out what the
truth is, or even to investigate this claim.

Stephen Pelletiere was the Central Intelligence Agency's
senior political analyst on Iraq during the Iran-Iraq war.
He was also a professor at the Army War College from 1988
to 2000. In both roles, he had access to classified
material from Washington related to the Persian Gulf. In
1991, he headed an Army investigation into Iraqi military
capability. That classified report went into great detail
on Halabja.

Halabja is the Kurdish town where hundreds of people were
apparently poisoned in a chemical weapons attack in March
1988. Few Americans even knew that much. They only have
the article of religious faith, "Saddam gassed his own
people."

In fact, according to Pelletiere - an ex-CIA analyst, and
hardly a raging leftist like yours truly - the gassing
occurred in the midst of a battle between Iraqi and Iranian
armed forces.

Pelletiere further notes that a "need to know" document
that circulated around the US Defense Intelligence Agency
indicated that US intelligence doesn't believe it was Iraqi
chemical munitions that killed and aimed the Kurdish
residents of Halabja. It was Iranian. The condition of the
bodies indicated cyanide-based poisoning. The Iraqis were
using mustard gas in that battle. The Iranians used cyanide.

The lack of public critical scrutiny of this and virtually
all current events is also evident on the issue of the
Kurds themselves.

That issue will come out into the open, with the vast area
that is Kurdistan, with its insurgent armed bodies,
overlaying Iraq, Iran, Turkey, and even parts of Syria,
which will realign the politics and military of the entire
region in yet unpredictable ways.

As part of the effort to generate an Iraqi opposition, the
US has permitted Northern Iraqi Kurdistan to exercise a
strong element of national political autonomy since the
1991 war. This is a double-edged sword for the US in its
current war preparations, particularly given this
administration's predisposition for pissing all over its
closest allies. Iraq's Northern border is with Turkey, who
has for years favored the interests of its own Turkmens in
Southern Turkish Kurdistan at the expense of the Kurds, who
have waged a guerrilla war for self-determination against
the Turks since the 1970s.

The Partiya Karkeren Kurdistan or PKK) (Kurdish Worker's
Party), Turkish Kurds fighting for an independent Kurdish
state in southeast Turkey, was singled out on the US
international terrorist organization list several years
ago, in deference to fellow NATO member, Turkey. PKK
leader Abdullah Ocalan is so popular with the Kurds that
Turkey was forced to commute his death sentence, subsequent
to his capture, to life imprisonment, for fear that his
execution would spark an uprising.

Other non-leftist Kurdish independence organizations
developed and alternatively allied with and split with the
PKK and each other. Turkey now claims that PKK bases are
being constructed in Iran, with Iranian complicity, from
which to launch strikes against Southern Turkey. Groups
other than the PKK, more acceptable to the US,
predominantly the Kurdistan Democratic Party (KDP) and the
Kurdistan Patriotic Union (PUK) have been administering
Northern Iraqi Kurdistan as an autonomous zone under the
protective umbrella of the US no-fly zone. The Turkish
government fears the influence of this section of Kurdistan
in the wake of a US military action that topples Saddam
Hussein's Ba'ath government, because Kurds have declared
their intention of declaring an independent Kurdish state
there. The Turks find this absolutely unacceptable, and
have declared forthrightly they will invade to prevent this
happening. They have also threatened to attack Kurds in
Iran, but this is a far less credible threat.

Kurdish nationalists have long experience with betrayals
and alliances of convenience, and know American perfidy
very well. They have declared at the outset that in the
event of an invasion, they will defend themselves from
Turkish incursions. They are not willing to lose the
autonomy they have gained over the last eleven years in
Northern Iraq. This not only puts them at odds with US ally
Turkey, it potentially puts them at odds with the US
itself, even with US wishes that they participate in
indigenous actions against Iraqi forces. The US does not
want that region destabilized in the post-invasion period,
because Kirkuk in the East of Iraqi Kurdistan is a huge oil
producing zone.

The very first complication of post-invasion Iraq will
likely be the demand that US commanders disarm the Kurds.

Northern Iraq could easily become contested terrain
involving partisan warfare between Turks, Kurds of three
factions, the Iranians, and the US, with the Syrians in a
position to play the silent interloper. This would amount
to the devolution of Northern Iraq, a key strategic region,
into another Afghanistan or Somalia. It is already
straining relationships between Turkey and the United
States, NATO allies, even as the NATO alliance itself comes
under severe strain, with a Euro-American trade war as a
backdrop.

And the Kurds have the motivation, tenacity, and fighting
spirit to do those kinds of things that General Van Riper
did to defeat the Rumsfeld "Robo-Military" in Operation
Millennium Challenge.

We begin to see how the Bush Junta is the equivalent of a
mad bee keeper, that no longer leaves the hive stable and
merely smokes it into a stupor to harvest the honey. It now
proposes to simply start swatting all the bees and taking
the honey by brute force.

We cannot see the war as an extricable, external
phenomenon. We have to see it as it is embedded in the
larger complexities of the whole period. When the cruise
missiles fly at 400 per day, that is 400 times $1.3 million
in self-destructing technology. 30 days of this is $15.6
billion in Cruise missiles alone. This is great news for
Raytheon and Lockheed-Martin, but it is bad news for public
schools. At the antiwar demonstration in Washington DC,
March 15th, I met many more teachers, now wearing buttons
that said "money for education not war." This is a
reflection of the deepening consciousness of the American
people, but one that has not yet grasped the depth of the
crisis that drives the war. Nor does it measure how every
missile's impact increases the rage of the Southwestern
Asian masses and the justifiable anxieties of Africa and
East Asia.

The real bet that Bush & Co. make on this war is that it
can secure oil at $15 a barrel, rescue dollar hegemony,
gain the ability to wage its economic war on China and
Europe, and inaugurate a fresh upwave of real profit. That
will not happen.

When the invasion goes, we will certainly see plenty of
images of cheering "liberated" Iraqis. This is common after
any successful military incursion, a combination of real
relief in some cases, as we saw in the first stage of the
1994 Haiti invasion, but also of self-defense and
opportunism.

The costs incurred by the war, combined with the insane
Bush tax cuts for the rich, will deepen the Bush regime's
economic conundrums. The coming social crisis in the US
will emerge against a backdrop of elevated public
expectations. The hyperbole employed by this
administration to justify this war, against rapidly
strengthening resistance and a corresponding loss of
credibility outside the indoctrinated and gullible United
States, led them to warn the public about perpetual "war on
terror," but with the sugar coating that there would be no
domestic economic sacrifice. The mountain of personal and
institutional debt in the US, the threat of deflation, the
trade deficit, the overcapacity, the rising unemployment
and insecurity, all these factors will be worsened by the
Bush doctrines. And Bush, like his father before him, will
go down. Along with him, Tony Blair and Jose Maria Aznar
will go down in political flames, and it will be a long
time indeed before anyone can align themselves with the US
as an ally. As in the last elections for the Republic of
Korea, candidates will find that election victory depends
on now independent one can prove oneself of the United
States.

We have had our course charted now, and the military option
is all the US ruling class really has to maintain its
dominance. After Iraq, there will certainly be increased
asymmetric warfare, "terrorism," if you will, directed at
Americans, American institutions, American targets. And
when the rest of the world recognizes how thinly spread the
US military is, thinly spread physically, but also
economically because it is not a sustainable institution in
its current incarnation, rebellions will occur. They have
already started. Then the response of the weakening US will
be to lash out, often with totally unforeseeable
consequences, just as the consequences of this impending
invasion are unforeseeable.

Our military might is no longer a sign of strength, and the
US military is not invincible. Its use as both first and
last resort is a sign of profound systemic weakness. That
its employment could destabilize the world, and cause us to
stumble into a Third World War is a real possibility.

We in the antiwar movement have struggled to protect the
Iraqi people. We may fail in that. But as resistance
fighters in WWII or national liberation fighters in the
post-colonial era, we must differentiate setbacks from
defeat, when we suffer those setbacks we can not be
demoralized and demobilized. We will keep our eyes on the
fact that the system itself is failing and this adventure
is a symptom of that failure, and continue to work for the
political destruction of our current regime as a tactical
necessity. The perfect storm is coming. It's in the genetic
code of the system right now and inevitable. And while we
don't know how it will look, we have to keep our eyes on
the prize - emancipation from the whole system, and let
that be our lodestar. Never quit. Never. We are in the
stream of history, and we have been given a grave and
momentous responsibility. Every day we delayed them was a
victory.

There is a long struggle ahead, and it will become more
terrible. But just as those before us fought slavery,
apartheid, fascism, and colonialism, we will take up our
historical task with confidence and determination, and
assert our humanity against these gangsters.

Freedom is the recognition of necessity.

pas oublier quand même
by Luc Wednesday March 19, 2003 at 03:33 PM

Pas oublier que les Kurdes de l'Iraq ont pour l'instant les lmeilleurs conditions possible dans la région. Autonomie protégée, un certain contrôle et des gains de leurs ressources pétrolières au Nord, de plus ce sont les seuls qui recoivent de l'argent CASH du programme Oil For Food, le centre et le sud ne pouvant que importer des fournitures mais pas d'argent. Du programme Oil for Food (res789) ils recoivent 13% des revenus pour une population qui compte 13% de l'Iraq, c'est normal, mais le Sud et le centre ne recoivent que 63% pour 87% de la population, car on leur retire les repaiements de la guerre du golfe (+/-25%) de plus le nombre de contrats dit "on hold", retenu par le comité 661 qui veille sur les sanctions et bien plus grand pour ce qui concerne le centre et le sud que pour le nord. Donc voilà il n'y a pas que des images de Kurdes délaissés, pour l'instant c'est la renaissance Kurdes en Iraq, ils n'auront plus tout ces avantages (entre autres aussi celui de la contrebande de pétrole vers les pays voisins)une fois que le "gouvernement démocrate Américain" sera mis en place, pensons y car le pétrole ne sera plus du tout dans les mains des Kurdes alors et selon les principes démocratiques que l'on veut installer (Shiite=majorité65%, donc 65% du gouvernement et d'autres conneries) les Kurdes n'auront plus tellement d'importance aux yeux des occidentaux (et c'est pas avec 13% qu'il pourront garder leur autonomie...)

Je ne peut pas croire!b
by ana Tuesday March 25, 2003 at 04:23 AM

Vous êtes aussi fou que Bush et Saddam!

Re: Les dangereux mensonges de M. Colon
by AmigaPhil Tuesday March 25, 2003 at 11:44 AM
AmigaPhil@ping.be

En réponse à "Kurdistan libre" :

Tu as raison de douter. C'est la meilleure chose que je puisse te souhaiter pour t'approcher de la vérité et t'aider à te forger une opinion libre et éclairée.

Alors je t'y encourage : DOUTE, CHERCHE, ETUDIE, COMPARE !
Afin de ne plus être limité à réfuter sans argumenter.

(A moins que tes intentions ne soient autres ?)