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L'empoisonneur Monsanto demande protection à la justice belge !
by Ligue contre l'artificialisation de la vie Saturday March 08, 2003 at 05:24 PM

LUNDI 10 MARS 2003 à 9 heures devrait s'ouvrir, au TRIBUNAL de NAMUR le procès de treize personnes, qui seront jugées pour la PREMIÈRE DESTRUCTION D'ORGANISMES GÉNÉTIQUEMENT MODIFIÉS (OGM) opérée sur le territoire belge.

Ligue européenne contre l'artificialisation de la vie et l'industrialisation du monde

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10 MARS 2003 - PROCÈS À NAMUR


L'EMPOISONNEUR MONSANTO DEMANDE PROTECTION À LA JUSTICE BELGE !


LUNDI 10 MARS 2003 à 9 heures devrait s'ouvrir, au TRIBUNAL de NAMUR le
procès de treize personnes, qui seront jugées pour la PREMIÈRE DESTRUCTION
D'ORGANISMES GÉNÉTIQUEMENT MODIFIÉS (OGM) opérée sur le territoire belge.

Le 7 mai 2000 au matin, un "Festival de résistance aux OGM" avait réuni
quelques centaines de personnes lors d'une conférence où plusieurs orateurs,
parmi lesquels Jean-Pierre BERLAN (Directeur de recherche à l'Institut
National de la Recherche Agronomique-France, auteur de La Guerre au vivant,
OGM et mystifications scientifiques, Agone éditeur, Marseille, 2001), Paul
LANNOYE (Député européen Écolo), René RIESEL (éleveur français, en désaccord
ouvert avec la Confédération paysanne depuis 1999, plusieurs fois condamné
pour des sabotages d'OGM, auteur de Déclarations sur l'agriculture
transgénique et ceux qui prétendent s'y opposer et de Aveux complets sur les
véritables mobiles du crime commis au Cirad le 5 juin 1999, Éditions de
l'Encyclopédie des nuisances, Paris, 2001) et Isabelle STENGERS (Enseignante
à l'ULB, philosophe des sciences, auteur de nombreux ouvrages, par exemple
L'Invention des sciences modernes, La découverte, Paris, 1993) avaient
exposé les raisons pour lesquelles ils s'opposaient à l'ingénierie
génétique.

L'après-midi deux cents personnes s'étaient rendues en cortège à une ferme
expérimentale de la compagnie MONSANTO, à Franc-Waret (Fernelmont) et
avaient procédé à la dépollution du site en détruisant des colza et
betteraves transgéniques.

Sur constitution de partie civile de la compagnie MONSANTO, ce sont treize
prévenus (Sébastien DENYS, Jean-François JACQUET, René RIESEL, Gilles
HENROTAY, Paul WILMES, Jacques BOULVIN, Nicolas VANDENBROUCKE, Cédric
LOSANGE, Isabelle STENGERS, Frédéric LEVEQUE, Vincent WATTIEZ, Paul VERJANS,
Chantal CORNET) qui auront donc à répondre ce dix mars, d'avoir notamment
"méchamment coupé ou dévasté des récoltes sur pied ou des plants venus
naturellement ou faits de main d'homme".

La présence, pour la défense, de plusieurs avocats belges et français et de
sept témoins internationaux - Jean-Pierre BERLAN, Gabriel DEWAELLE (endivier
français), Paul LANNOYE, Michel PIMBERT (International institute for
environment and development, GB), Percy SCHMEIZER (agriculteur canadien
engagé dans de nombreux procès contre MONSANTO), Michel TIBON-CORNILLOT
(ingénieur et philosophe, École des hautes études en sciences sociales,
Paris), Jacques Wan HELDEN (biologiste) ­- permettra de faire entendre les
excellentes raisons qui ont poussé les accusés à mener cette salutaire
opération.


Une CONFÉRENCE DE PRESSE, SALLE des PAS PERDUS, TRIBUNAL de NAMUR, en rendra
compte à l'issue de la première audience, LUNDI 10 MARS 2003 à 11 h 30.


Pour notre part, nous souhaitons rapporter ici la fin d'une déclaration de
René RIESEL à l'occasion d'un procès qui l'a déjà opposé à MONSANTO, le 27
janvier 2000, devant le tribunal de Toulouse :

"Monsanto est, on le sait, une des toutes premières firmes à s'être
engouffrée dans l'exploitation des technologies génétiques. Mais ce n'est
pas le seul mérite de cet honnête industriel dont le métier, comme on dit
dans son monde, a d'abord été la chimie.

Célèbre pour avoir été le principal producteur de l'agent orange,
l'efficace défoliant de la guerre du Viêt-Nam, il a également conçu et
fabriqué depuis 1901 de nombreux désinfectants, spécialités pharmaceutiques
et pesticides réputés pour leurs propriétés cancérigènes ou leur teneur en
dioxines. Rien ne saurait ternir un tel palmarès. Ni l'impressionnante
sollicitude qu'il a constamment témoignée aux ouvriers et populations
exposés aux contaminations dispensées par ses usines. Ni les centaines de
millions de dollars dont il a dû s'acquitter en dépit, et parfois en raison,
des manipulations ou des subornations de témoins et de membres de
l'administration, auxquelles il s'est fréquemment résigné dans l'intérêt de
la liberté du commerce et de l'industrie.

Sa reconversion dans le génie génétique n'allait pas mener Monsanto à
renoncer aux pratiques qui sont le fondement de sa culture d'entreprise.
Contrats léonins imposés aux cotonniers nord-américains, poursuites
judiciaires contre des agriculteurs soupçonnés d'avoir conservé une partie
de leur récolte pour la resemer, mise sur le marché à grande échelle, en
Inde et aux États-Unis, de variétés transgéniques défectueuses, pressions
sur l'imprimeur britannique de The Ecologist pour l'amener à détruire un
dossier consacré à la firme, incitations ouvertes à la délation, intox,
recours aux plus sinistres polices privées, Monsanto continue de défendre la
liberté du commerce et de l'industrie.

J'ai un point d'accord avec les conclusions présentées par Monsanto au
tribunal : je considère aussi que ce serait "se tromper de débat" que de se
perdre ici "en digressions à propos des effets prétendument négatifs des
organismes génétiquement modifiés". Les faits bien établis que je viens
d'évoquer attestent suffisamment que si les effroyables promesses de la
technoscience génétique avaient eu un seul avantage prévisible pour les
hommes, elles n'auraient pas intéressé Monsanto !

On ne cherche pas à se justifier d'accusations portées par un tel
accusateur.

Mais en jugeant s'il y a lieu de donner droit aux réclamations de
Monsanto, le tribunal dira du même coup s'il juge bon de garantir à Monsanto
le libre exercice de ces activités."

Il nous paraît bon de livrer aussi cet extrait d'un autre de ses textes, qui
fixe bien les enjeux de ce procès :

"Ceux qui prétendent qu'il serait possible de "sortir des OGM" (dans quel
état ?) mentent, se nourrissent d'illusions, ne savent pas de quoi ils
parlent ou font tout cela à la fois. On ne sortirait même pas des OGM à la
façon dont certains rêvent encore de sortir du nucléaire - en sachant devoir
cohabiter pour quelques millénaires avec les poubelles radioactives, les
sarcophages fissurés et les cimetières marins de la Baltique - mais en
s'apprêtant à comptabiliser, tout de suite et jusqu'à la fin des temps, les
effets mutagènes, directs et indéfiniment recombinables, y compris en dehors
du rêgne végétal, de la pollution génétique végétale dont la caractéristique
non contestée est d'être au moins irréversible.
Or, pendant qu'on amuse les gogos, avec les "décisions" du parlement
européen ou de la conférence de Carthagène et l'intox des États et des
firmes, sur les OGM à usage alimentaire, on accélère, et d'autant plus qu'on
touche à des domaines où les "connaissances" sont presque nulles, le
tripotage, au petit bonheur la chance, de tout ce qui vit : végétaux à usage
industriel strict, virus stratégiques, animaux à organes humains, on en
oublie. Et la recherche médicale, toute honte bue de ne jamais dire qu'elle
ne vise qu'à bricoler notre adaptation à une civilisation pathogène,
entreprend, avec les thérapies géniques, de produire, sur le modèle des
animaux améliorés de l'élevage industriel, cet homme nouveau, qui réclamera
d'être constamment traité en malade puisqu'on l'aura convaincu de ne jamais
désespérer de pouvoir être réparé tout au long de sa survie prolongée."

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