arch/ive/ief (2000 - 2005)

Rififi entre la Belgique et Israël

by Henri Wednesday, Nov. 06, 2002 at 9:19 PM

« Rififi entre la Belgique et Israël », titre ce matin le grand quotidien belge de langue française « Le Soir », relatant les propos qu'aurait tenu Wilfried Geens, ambassadeur de Belgique à Tel-Aviv, au journal israélien arabe de Nazareth « Kol Al Arab ».

M. Geens, qui s'est abstenu de tout commentaire tout en démentant avoir tenu de tels propos qu'il reconnaît néanmoins avoir tenus « off the record » et qu'un journaliste de « Kol Al Arab » aux connaissances rudimentaires de l'anglais aurait mal compris, aurait donc traité le ministre israélien des infrastructures nationales Effie Eytam, leader du parti national-religieux, d'être un fasciste avant d'affirmer que les territoires palestiniens sont le plus grand camp d'internement au monde.

S'il est bien entendu impossible d'établir la véracité dans cette nouvelle affaire belgo-israélienne, il n'est pas inutile, en revanche, de se questionner sérieusement sur la tension récurrente et croissante entre les deux pays, mais aussi sur celle qui grandit de façon inquiétante entre les juifs de Belgique et leur pays.

Au-delà des incidents regrettables qui ont émaillé le paysage médiatique belge depuis maintenant plusieurs mois, force est de constater qu'il règne en Belgique un malaise évident inauguré par certaines déclarations malheureuses et inopportunes, tout comme par certains reportages et articles de presse, dont certains furent sans aucun doute franchement antisémites (on se souviendra notamment de l'article de Monsieur Simon Pierre Nothomb dans « Le Soir », qui avait comparé Israël à l'Allemagne nazie et les camps de réfugiés palestiniens au Ghetto de Varsovie…)
Ce malaise n'est bien entendu pas limité à la seule Belgique, et notre pays n'a certainement pas la palme en matière de dérapages judéophobes.
Cependant la question de la résurgence d'un nouvel antisémitisme feutré, qualifié à juste titre de judéophobie, est loin d'être close.

Ce qui est frappant dans ce phénomène, ce n'est pas tant les critiques parfois valides exprimées par les uns et les autres sur la politique du gouvernement israélien. Après tout, nous sommes encore libres de penser et de publier notre avis sur la politique de tel ou tel Etat dont les comportements nous choquent.
Mais ce qui est pour le moins étonnant, c'est cet acharnement d'une partie l'opinion publique belge, relayée et entretenue par les médias, à condamner tout azimut et parfois de façon disproportionnée, non seulement Israël et ses citoyens, mais également les juifs de la diaspora, souvent confondus avec les Israéliens par ailleurs.

L'incident qui met en cause l'ambassadeur de Belgique à Tel-Aviv est révélateur de ce climat délétère qui règne en Belgique, tant par les mots supposés prononcés, que par le « ton » dont se serait autorisé Monsieur Geens pour exprimer son opinion.
L'emploi de signifiants particulièrement sensibles, et dénués d'innocence tels que « fasciste » ou « camp d'internement » et les descriptions excessives, erronées et provocantes, telles que « territoires palestiniens sont le plus grand camp d'internement au monde » suffisent à rendre son auteur suspect de sentiments anti-juifs, non seulement auprès des juifs et des Israéliens mais aussi, auprès de toute personne se revendiquant de l'éthique de l'humanisme contemporain des droits de l'homme.
On n'en finirait pas d'aligner les arguments démontrant sans ambiguïté que l'utilisation ciblée de certaines expressions utilisées dans les critiques adressées à l'Etat d'Israël sont plus que suspectes pour qui veut bien faire l'effort d'un examen sincère de conscience.

Saisissant aussi, le contraste entre les déclarations musclées et péremptoires lancées contre Israël et la légitimation des attentats suicides, présentés comme des actes de résistance, tout comme l'étrange retenue dont font preuve les médias belges à l'égard des mouvements intégristes et extrémistes islamistes, lorsqu'ils se manifestent d'une manière ou d'une autre. Bien entendu, les données démographiques contribuent à expliquer cette étrange attitude : 30.000 juifs belges et plus de 400.000 musulmans belges, mais elles ne suffisent pas à expliquer, en profondeur, ce renversement de l'opinion publique, qui de toute évidence, ne supporte pas que l'Etat d'Israël se défende légitimement. Nous sommes en quelques sortes passés du « comment avez-vous pu vous laisser exterminer » au « comment osez-vous vous défendre en utilisant la force, vous qui avez tant souffert ? .

La dialectique de la victime devenue bourreau est en passe de devenir, et c'est en soi un indice sociologique intéressant, une argumentation classique et florissante, que rien ne semble arrêter comme en témoignent les très nombreuses équivalences sémantiques faisant passer Israël et les juifs pour des « nazis » et les Palestiniens pour d'éternelles victimes de la « barbarie de l'Etat hébreu »

Il y a dans ce type de propos, tenus sans réserve, en outre, une certaine arrogance à s'autoriser ce qu'il faut bien appeler une ingérence dans les affaires intérieures de l'Etat d'Israël. Car enfin, imagine-t-on, et cela s'est d'ailleurs déjà produit, un ministre ou un ambassadeur israélien se livrer à de telles critiques virulentes sur telle ou telle question belge sensible, comme l'affaire Dutroux, les tueurs du Brabant Wallon, affaires toujours pendantes et inexpliquées, ou encore les minorités ethnico linguistiques, qui doivent recourir à un audit étranger pour faire valoir leurs droits les plus élémentaires ?
Ainsi donc, les Palestiniens seraient « internés » dans le plus grand camp d'internement au monde, tandis qu'un ministre serait traité de « fasciste » au nom du fait qu'il est le leader d'une formation religieuse d'extrême droite.

Ces raccourcis dévoilent à l'évidence une dérive sémantique très proche des procédés révisionnistes qui habilement réécrivent l'histoire par les mêmes méthodes falsificatrices. A ce compte là, la Belgique pourrait, pourquoi pas, être poursuivie pour crime contre l'humanité pour son passé colonialiste douteux au Congo, ou encore être traitée d'Etat policier et poursuivi pour la mort de Sémira Adamu, cette jeune fille, enfuie du Nigéria, parce que l'on tentait de lui faire épouser de force un sexagénaire dont elle aurait été la quatrième femme et tuée étouffée par un gendarme lors de son expulsion.

zionist

by guido Wednesday, Nov. 06, 2002 at 10:21 PM

Ceci est une zioniste qui n'aime pas qu'on critique les politiques du Sharon et les gens devant lui.

"Mais ce qui est pour le moins étonnant, c'est cet acharnement d'une partie l'opinion publique belge, relayée et entretenue par les médias, à condamner tout azimut et parfois de façon disproportionnée, non seulement Israël et ses citoyens, mais également les juifs de la diaspora, souvent confondus avec les Israéliens par ailleurs"

Pourquoi est-ce que quelques juives en Belgique en haute position parlent avec les leaders du Vlaams Blok?

Pourquoi tu ne critiques pas ca?

Réflexion

by R.B. Thursday, Nov. 07, 2002 at 10:46 AM

On connaissait l'antisémitisme, le terme nouvelle mode "judéophobie", la haine de soi (pour les ceusses qui juifs critiquent nénanmoins Israël), etc...
Et voila qu'arrive la "dérive sémantique"...
On ne touche pas, SVP à l'exemplaire Israël, le symbole e la victimisation couplée et de la vertu absolue.
Pas plus qu'on ne touche aus Juifs de Le Pen : eh oui, il y a des juifs le penistes !
Chut, ne pas répèter ce '"'n'est pas bon pour nous". sharon, c'est beaucoup mieux

De la bonne foi !

by do Thursday, Nov. 07, 2002 at 11:49 AM

Bonjour à toutes et à tous,

Pour bien mesurer la bonne ou la mauvaise foi de l'auteur du texte « Rififi entre la Belgique et Israël », il me suffira d'en souligner ces quelques lignes :

« un ministre serait traité de « fasciste » au nom du fait qu'il est le leader d'une formation religieuse d'extrême droite. »

Selon l'auteur ce serait un bon exemple de l'un de ces "raccourcis" qui "dévoilent à l'évidence une dérive sémantique très proche des procédés révisionnistes qui habilement réécrivent l'histoire par les mêmes méthodes falsificatrices".

L'auteur prétend ainsi que traiter de FASCISTE une formation religieuse D'EXTREME DROITE c'est en quelque sorte du révisionnisme...

Alors, bonne foi ou mauvaise foi ?

Enfin ! son texte aura eu le mérite de me signaler qu'il y a un ministre Belge qui a compris ce qu'il se passe en Palestine. Ce qui est plutôt une bonne nouvelle.

Pour tout ce qui concerne la Palestine, vous pouvez visiter mon site.

A+
do
http://mai68.org

Concernant le fascisme du gouvernement israélien

by Carl Desjardins (CMAQ) Thursday, Nov. 07, 2002 at 3:52 PM

Il est important de préciser que c'est le gouvernement israélien qui a établit un régime fasciste et aussi un régime d'aparteid contre les palestiniens. De plus, il est aussi très important de ne pas mettre tout le peuple israélien dans le même panier et de les traiter comme étant des sionistes, mais c'est plus tôt une minorité de cette population qui sont devenus des extrêmistes de droites.

De plus, le commentaire de «do» me laisse perplexe quant à son affirmation quand il dit: «L'auteur prétend ainsi que traiter de FASCISTE une formation religieuse D'EXTREME DROITE c'est en quelque sorte du révisionnisme...» En guise de réponse, je ne peux que dire que quand quelqu'un fait parti de ce genre de formation ou qu'il adhère à une telle idéologie est de facto un fasciste et non du révisionisme. C'est pour cette raison que j'ai de fort doute sur la pensée de cette personne qui répond sur Indymedia au nom de: do.

Carl...

by yannindy Thursday, Nov. 07, 2002 at 9:07 PM

Lis un peu mieux le commentaire de Do.. C'est juste le contraire qu'il veut dire.
A+
Y