arch/ive/ief (2000 - 2005)

Le petite Albanaise arrêtée à la sortie de l'école
by La Meuse Sunday May 27, 2001 at 06:11 PM

Lundi en fin de matinée, la police de Schaerbeek se rendait dans une école pour chercher une gamine de 11 ans dans sa classe. But de l'opération: l'emmener vers le centre de détention pour étrangers illégaux, le 127-bis.

Article trouvé dans la meuse du 26/05.

Le petite Albanaise arrêtée à la sortie de l'école

Lundi en fin de matinée, la police de Schaerbeek se rendait dans une école pour chercher une gamine de 11 ans dans sa classe. But de l'opération: l'emmener vers le centre de détention pour étrangers illégaux, le 127-bis.
Là, elle devait rejoindre ses parents en vue d'être expulsée vers l'Albanie.

Les fait se sont passés en début de semaine et ont choqué la direction de l'école ainsi que des parlementaires et des représentants des ONG.

M. Mawét, directeur de la section fondamentale de l'école Les Griottes à Schaerbeek, a vu deux agents arriver dans son bureau peu avant midi. «Ils ont demandé à aller dans la classe où se trouvait une petite Albanaise. Ils m'ont dit qu'ils venaient la chercher en vue de son expulsion.»

Convoqués pour être expulsés Mais M. Mawét ne s'est pas laissé faire, expliquant qu'il ne laissait pas partir ses élèves sans que les parents soient tenus au courant. «Les agents m'ont alors expliqué que les parents étaient déjà au commissariat et qu'ils étaient au courant de la situation. Quoi qu'il en soit, explique le directeur des «Griottes», je leur ai refusé l'accès aux locaux en leur expliquant que cette gamine n'avait rien fait de mal, que ce n'était pas un
malfaiteur et qu'il n'y avait donc pas de raison d'aller la chercher de cette façon devant ses camarades de classe.»

C'est ainsi que les deux agents de la police de Schaerbeek ont attendu la sortie des cours pour prendre la fillette de 11 ans.

En fait, cet événement intervient dans le cadre des expulsions ordonnées par le ministère de l'Intérieur. La famille Muka, d'origine albanaise, est arrivée il y a environ un an en Belgique pour introduire une demande
d'asile. Elle lui a été refusée mais un recours a été introduit devant le Conseil d'Etat.

On sait par ailleurs que le fait d'introduire un recours n'interrompt pas la procédure. C'est ce qui explique que cette famille soit quand même expulsée. Elle avait reçu une convocation pour se présenter à la police de Schaerbeek,
ce qu'elle a fait lundi dernier. Mais là, elle a été arrêtée pendant que la fillette était «prise en charge» à sa sortie de l'école.

Une fois toute la famille arrêtée, elle a été emmenée au centre fermé du 127-bis où elle devait passer la nuit avant son expulsion vers Tirana. Elle ne doit son sursis qu'au fait que l'un des deux enfants souffrait d'une infection et que le médecin l'ayant ausculté l'a jugé inexpulsable dans
l'immédiat.

Le plus choquant dans cette affaire est la façon dont les enfants sont encore traités malgré toutes les déclarations de bonnes intentions et même certaines mesures qui ont été décidées. Et aussi la façon dont des policiers se rendent dans une école pour s'emparer d'une gamine. Et le fait que l'on continue d'enfermer des mineurs d'âge dans les centres fermés...

«Jusqu'en 1999, on a couramment pratiqué l'enfermement des mineurs, explique Gérald Gaspart du CIRE (Coordination et Initiatives pour Réfugiés et Etrangers). Et puis, il y a eu des rapports médicaux indiquant que la détention des enfants était à l'origine de traumatismes profonds et les
pratiques ont évolué. Mais voilà qu'on s'aperçoit que sur une simple décision administrative, on peut toujours arrêter un enfant...»

Pascale SEFERIDIS