arch/ive/ief (2000 - 2005)

Danone: 1 780 emplois supprimés
by Grains de Sable Thursday April 05, 2001 at 11:34 PM

Le Pôle Biscuit du groupe DANONE a présenté au Comité Européen le projet de réorganisation industrielle pour la sauvegarde de sa compétitivité en Europe.

Le Pôle Biscuit du groupe DANONE a présenté au Comité Européen le
projet de réorganisation industrielle pour la sauvegarde de sa
compétitivité en Europe.

Le projet de réorganisation industrielle du biscuit en Europe a été
présenté et remis ce jeudi 29 mars 2001 au Comité Européen(Comité
international de Consultation), qui réunit les partenaires sociaux du
groupe Danone au niveau Européen et qui était présidé par Franck
RIBOUD, Président du Groupe Danone. Il sera remis demain aux instances
nationales représentatives des sociétés concernées puis aux
représentants des différents établissements.

I- Un projet équilibré qui respecte les engagements sociaux et les
objectifs économiques du Groupe DANONE :

Ce projet de réorganisation est devenu nécessaire pour la sauvegarde
de la compétitivité de l'outil de production européen, aujourd'hui
sous utilisé et insuffisamment spécialisé, face à une évolution du
marché du biscuit et une concentration de la concurrence.

Il repose à la fois sur des engagements spécifiques qui ont toujours
été ceux du Groupe Danone et des principes d'organisations
industrielle.

Ces engagements, qui ont été réaffirmés, ont servi de cadre à cette
réorganisation pour minimiser l'impact social, à savoir :

- privilégier le maintien dans chaque pays des volumes produits et
écarter le recours à la sous-traitance.
- mettre en ouvre ce projet sur une durée de 2 à 3 ans- ce qui
faciliterait la mise en place de solutions de requalification et de
reclassement des salariés concernés et la ré-industrialisation des
sites.

Les principes d'organisation industrielle retenus sont les suivants :

- développer les sites qui ont la capacité de s'étendre tout en ayant
les structures de coûts industriels les plus favorables.
- Rationaliser la production par une meilleure spécialisation de
chaque site en renforçant ainsi les taux d'utilisation des lignes de
production.
- s'appuyer sur un réseaux de sites de taille moyenne, spécialisé,
dont les transferts de produit n'auraient pas d'impact significatif
sur une diminution des coûts.

II- Une réorganisation par pays et par technologie pour la sauvegarde
de l'efficacité industrielle :

Le Pôle biscuits en Europe se compose de 36 usines et de 15000
salariés répartis dans 13 pays.
Sa capacité de production est de 1 400 000 tonnes. Il produit 600 000
tonnes avec 15 familles technologiques réparties sur 249 lignes de
production.

Ce projet vise à doter le Pôle biscuit d'une organisation compétitive
à l'échelle européenne :
- avec d'une part quelques usines de grande capacité(plus de 50 000
tonnes), ce qui conduira à développer certaines usines,
- et d'autre part un réseau d'usines de taille moyenne et spécialisé.
Ces usines devront poursuivre leurs efforts de rationalisation
industrielle et de mécanisation.

En conséquence, sur 36 usines :

- 5 sites ayant la capacité d'accueillir des volumes importants, à des
coûts compétitifs et sans investissement immobilier majeur, seraient
développés.
Ils seraient donc spécialisés sur un nombre limité de technologies et
verraient leur volume de production et leurs effectifs croître très
significativement.

- 20 sites de moyenne capacité poursuivraient leur activité et ne
seraient pas impactés par ce projet : soit parce qu'ils répondent à
une demande locale, soit parce qu'ils ont des technologies
spécifiques, qui ne justifient pas de transferts à des coûts plus
performants.

- 5 sites seraient réorganisés avec des réductions limités d'effectifs
pour sauvegarder leur compétitivité industrielle.

- 6 sites, n'ayant pas la capacité de s'agrandir à des coûts
compétitifs, seraient fermés dans cinq pays. Leurs productions
seraient essentiellement transférées dans d'autres sites du même pays.

III 1. Des principes d'accompagnements social et de
ré-industrialisation des sites mis en ouvre dans la durée :

Conformément à sa culture et sa conception du double projet économique
et social, le Groupe Danone considère qu'il est du rôle de l'
entreprise d'assumer toutes ses responsabilités, tant à l'égard des
salariés que des territoires concernés.
Il s'engage donc, dans le cadre d'une organisation, à viser pour
chacun u avenir professionnel et à prendre en compte la diversité des
situations individuelles, professionnelles et personnelles. En
conséquence, aucun salarié ne serait licencié sans avoir bénéficié d'
un temps suffisant et des actions nécessaires, pour s'insérer dans une
nouvelle activité ou mettre en ouvre un projet personnel.
C'est pourquoi le plan d'accompagnement mis en ouvre aurait pour
objectif de trouver des solutions adaptées à chaque salarié et de
réduire l'impact social sur le bassin emploi :
- En permettant à un maximum de salariés par un ensemble de mesures d'
aide à la mobilité, de bénéficier des créations d'emploi sur les sites
qui se développeront, ou au sein du Groupe.
- En utilisant le temps disponible pour chaque salarié définisse son
projet professionnel et personnel. Pour cela chaque salarié
bénéficiera d'un plan d'action individuel (PAI) qui définira l'aide
apportée par l'entreprise : bilan professionnel, aide personnalisé à
la recherche d'emploi, formation, conseil et aide financière pour la
réalisation d'un projet personnel.
- En favorisant les mesures d'âge pour limiter l'impact social.
- En mettant en place sur chacun des sites concernés, un relai emploi
mobilité (REM) qui assurerait le conseil individualisé et le suivi des
ces mesures.

Pour mener ces opérations d'accompagnement dans la transparence, une
commission de suivi, associant les partenaires sociaux, aurait pour
mission dans chaque société, de veiller à la bonne application des
engagements pris et des mesures prévues.

III 2. Un effort exceptionnel de ré-industrialisation des sites sera
mené avec l'aide des acteurs locaux et des collectivités
territoriales.

Conscient de l'impact de ces décisions industrielles sur les
territoires, le Groupe Danone proposera aux élus et aux responsables
locaux, de chaque bassin d'emploi concerné, un contrat de territoire.
Ce contrat, élaboré en partenariat avec les autorités locales,
définira un programme d'actions de ré-industrialisation et de
reclassement du personnel sur les sites.

Ces actions viseront notamment à attirer des entreprises créatrices d'
emplois dans la zone concernée, ou à soutenir des projets de
développement de PME locales.

IV - Une réorganisation par pays pour maintenir en priorité des
volumes nationaux :

En France
La société LU France produit 183 000 tonnes dans 12 usines ( 5
biscuits, 3 panification, 4 pâtisserie) avec un effectif de 4030
salariés.

Les 5 usines biscuits :
- 2 usines, Cestas et La Haye Fouassière, seraient fortement
développées.
- Leur production devrait doubler d'ici 2004 grâce à des transferts d'
activité pour atteindre, chacune, environ 50 000 tonnes de production
par an.

La Haye Fouassière ( Loire Atlantique) deviendrait l'usine spécialisée
en biscuits secs simples et en crackers. Sa production devrait
augmenter de 22 000 tonnes à 55 000 tonnes. Les effectifs
augmenteraient de 160 personnes.

Cestas (Gironde) deviendrait l'usine spécialisée pour les produits
chocolatés et les produits extrudés sucrés. Sa production devrait
passer de 23 000 tonnes actuellement à 41 000 tonnes et les effectifs
augmenteraient de 69 personnes.

- Les sites de Calais (Nord -Pas de Calais) et d'Evry (Essonne)
devaraient être fermés et leur production transférée pour l'essentiel
à Cestas et à La Haye Fouassière.
- L'usine de Calais, qui produit 19 000 tonnes, est enclavée dans un
quartier urbain à proximité du centre ville et n'a pas la possibilité
de s'étendre et d'atteindre une capacité de production d'environ 50
000 tonnes.
- L'usine d'Evry, qui produit 25 000 tonnes, a la structure de coût la
moins favorable pour devenir l'une des grandes usines du biscuit en
Europe.

- L'usine de Château -Thierry (Aisne) serait maintenue en activité
après réorganisation et réductions d'effectifs.
L'usine de Château -Thierry, totalement enclavée en zone urbaine ne
peut s'agrandir, et ne produit que 6000 tonnes par ans. Cette usine
est spécialisée dans les assortiments. Le projet écarte la solution de
la sous -traitance.

3 usines de panification sèche : l'outil industriel qui a été
réorganisé depuis plusieurs années est aujourd'hui globalement
compétitif. Les sites de Granville ( Manche) Toulouse ( Haute Garonne)
et Vervins (Aisne) ne sont donc pas impactés par ce projet.

- 4 usines de pâtisserie : les usine de Champagnac (Dordogne),
Besançon(Doubs), Charleville(Ardennes) et Jussy(Aisne), sont
spécialisés sur des gammes de produits et des technologies qui ne
justifient pas de grosses unités industrielles dans le contexte
concurrentiel actuel. Pour rester compétitives, elles devront
poursuivre leurs efforts d'automatisation déjà engagés. Notamment à
Jussy où des réductions d'effectifs devront être réalisées.

Au total en France, pour le biscuit, la panification et la pâtisserie,
236 emplois nouveaux seraient crées et 806 emplois supprimés.

En Italie du Nord, le site de Capriata, spécioalisé dans les crackers
et les secs simples, devrait voir sa production doubler, passant de 22
000 tonnes à 47 000 tonnes, par le transfert des activités du site de
Locate qui serait fermé. En effet, Capriata dis pose d'infrastructures
lui permettant d'accueillir une production de 50 000 tonnes sans
investissement majeur, ce qui n'est pas le cas de locate.
93 emplois seraient créés à Capriata et 274 supprimés à Locate.

En Belgique et en Hollande, le site de Herntals (Belgique), spécialisé
dans les biscuits secs et fourrés, devrait passer de 56 000 à 86 000
tonnes par le transfert des activités du site belge de Beveren qui
serait fermé, en effet celui-ci n'a pas la capacité d'accueillir les
56 000 tonnes d'Herentals.
225 seraient créés à Herentals et 412 emplois seraient supprimés à
Beveren (distavt de moins de 50 kim)
Dordrecht (Hollande) qui produit 14 000 tonnes réparties en 4
technologies, est un site ancien, enclavé et complexe qui
nécessiterait des investissements élevés. Ce site serait fermé et une
partie de sa production transférée à Herentals 211 emplois seraient
supprimés.

En Hongrie, La production du biscuit serait développé. L'usine moderne
de Szekesfehervar, qui produit actuellement 7 000 tonnes, possède des
infrastructures qui lui permettraient d'atteindre 25 000 tonnes sans
investissement majeur.
Ce site spécialisé dans les biscuits secs et gaufrettes, devrait
accueillir l'ensemble des volumes produits à Gyor. 270 emplois
seraient créés à SzeKesfehervar.
Le site de Gyor, enclavé en zone urbaine, devrait donc être fermé.

Au Royaume Uni, les usines d'Aintree - crackers et barres
chocolatées - et de Wigston - biscuits secs sucrés -, ne nécessitent
pas un regroupement sur des lignes plus puissantes et produisent
essentiellement pour le marché anglais. Néanmoins l'adaptation de leur
production, due à notamment à une une très forte saisonnalité,
entraînerait une réduction d'effectifs de 180 personnes.

En Irlande, l'usine de Tallaght, dont la moitié des produits sont
uniquement fabriqués, a très peu de synergie industrielle avec les
autres sites européens. Le maintien de cette usine devrait toutefois s
'accompagner d'une réorganisation importante en raison de ses
structures de coût peu performantes. Ceci entraînerait une réduction d
'effectifs de 100 personnes.

L'objectif économique de cette réorganisation.

Sur le périmètre concerné par le projet de réorganisation et remis aux
partenaires sociaux, l'objectif est :
- de faire progresser le taux moyen d'utilisation des lignes de
production de 43% à environ 57% :
- d'augmenter la taille moyenne des usines de 56%
- de réduire les coûts industriels de 16%
- de diminuer le nombre de lignes de 28%

L'ensemble de ce projet de réorganisation devrait être achevé d'ici
juin 2004.

Les actions que le Groupe serait amené à mettre en ouvre après
consultation de ses partenaires sociaux s'inscriront dans le cadre de
chaque législation nationale et le respect des accords conclus avec
ses partenaires internationaux. La mise en ouvre des mesures sociales
ne pourra intervenir au plus tôt qu'après l'achèvement de procédure de
consultation et le respect des procédures spécifiques à chaque pays.