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30/11 GeneSpotting II polémique autour de la chicorée OGM à Warcoing
by CAGE Friday November 29, 2002 at 07:58 PM
genespotting@altern.org Contact : 0472/916.845

Ce samedi 30 novembre 2002 dès 13 h à Warcoing (Pecq) GeneSpotting II : "Toute résistance est inuline" Journée d'information et d'inspection citoyenne sur la chicorée génétiquement modifiée par la firme Warcoing S.A. (Cosucra) 1. Ca vibre de toute part à Warcoing 2. La Warcoing SA se dit "diffamée" 3. Le CAGE réagit aux allégations de la S.A. Warcoing

INVITATION GENESPOTTING II

La société Cosucra expérimente de la chicorée qu'elle modifie d'une part pour lui conférer une tolérance à un herbicide puissant vendu par une non moins puissante multinationale; d'autre part pour augmenter sa teneur en inuline, une fibre utilisée dans la production alimentaire. Une mise en culture à une échelle commerciale pourrait-elle éviter une contamination de l'ensemble de la filière et le croisement avec des plantes cousines, qu'elles soient sauvages ou potagères ? Les avantages avancés sont-ils fondés ? Valent-ils la peine face aux risques potentiels ?

Au programme :

13h00 : Rendez-vous face au café de l'Univers, à côté de la place de Warcoing.
14h30 : Visite de l'entreprise Cosucra (Warcoing S.A.) et rencontre avec le personnel présent
16h00 : Table ronde sur la chicorée transgénique.
Invité : Gabriel Dewael, responsable de la Confédération paysanne du Nord (F) et cultivateur de chicorée.

Contact : 0472/916.845 - genespotting@altern.org

Infos pratiques:

* Pour s'y rendre : Depuis la gare de Tournai prendre le bus 2 (Tournai -> Mouscron). Descendre à « Warcoing Place ».
A l'aller : 12h40 à la gare de Tournai => 13h11 à Warcoing * (ou 14h40 => 15h11)
Retour : 17h47 à Warcoing => 18h17 à la gare * (ou 19h45 => 20h15 (le dernier bus !))


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Ca vibre de toute part à Warcoing
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Dans le cadre de la préparation de GeneSpotting II, le 9 novembre 2002, nous nous sommes rendu à Warcoing (Pecq), pour nous faire une idée de la configuration des lieux. Quelle distance sépare le point de rendez-vous de la firme, objet de notre prochaine " inspection civile " ?, Où se trouvent les serres contenant les OGM ?, etc. Warcoing pour vous faire une idée semble tout droit sortir d'un roman sur les seigneurs de l'industrie du XIXème siècles. C'est un minuscule petit village de trois rue dominé par la sucrerie, usine-forteresse des seigneur locaux.

Une des questions qui reste à résoudre est de savoir si les produits qui contiennent de l'Inuline (principal débouché commercial des chicorées de la sucrerie) sont étiquetés comme tel. Certains de ces produits étaient opportunément exposés dans des vitrines visibles depuis l'extérieur de l'entreprise, ce qui nous permit de répondre par l'affirmative. Soit dit en passant certains des produits exposés était des produits " Bio " et d'autres destinés aux bébés.

1er temps : Alors que nous nous appliquions à noter la liste, M. Fockedey, directeur général de la firme, nous aborde et affirme :
- cesser ses activités transgéniques ;
- être en procès avec Aventis/Bayer à propos des droits sur la technologie ;
Nous profitons de l'occasion pour lui proposer de nous rencontrer le 30 novembre à l'occasion de GeneSpotting II, ce qu'il accepte.

2ème. temps : Nous envoyons largement l'annonce du GeneSpotting II

3ème. temps : Quelques jours plus tard, nous apprenons que les autorités communales et la police locale ont fait pression sur les propriétaires de la salle que nous avions réservée. La police locale fait état de renseignements reçus de la police de Bruxelles, comme quoi des hordes — " il y a déjà des infos qui circulent sur Internet ! " — de dangereux agitateurs vont débarquer et que des débordements sont possibles. La tenancière nous demande de la comprendre, elle a aussi des clients de la sucrerie.

4ème. temps : Les habitants des communes concernées reçoivent une lettre d'un groupe " Aladin " qui informe des dangers de ces cultures. Cette lettre semble avoir provoqué un certain tumulte dans les localités contaminées.

5ème. temps : La Warcoing S.A. commet un communiqué dans lequel elle invoque l'absence de danger des expériences. Les responsables de Warcoing organise une réunion avec les Ecolo locaux.

6ème. temps : Ce qui vaut à l' " affaire " plusieurs papiers dans la presse locale (le samedi 17 novembre dans Nord-Eclair et le lundi 19 dans le Courrier de l'Escaut) et dans les infos régionales de la RTBF radio. La presse n'estime l'annonce d'un événement tel que le nôtre intéressante qu'à partir du moment où il y a polémique. Ce n'est qu'en présence des réactions de la firme que les médias peuvent présenter les choses sous un jour à la fois objectif — les deux points de vue sont représentés — et raisonnable.

7ème. temps : M. Fockeday nous signifie son refus de dialoguer dans ces conditions. Il a reçu des instructions de sa direction qui souhaite éviter la polémique.

Bref, d'ores et déjà le débat est lancé et l'écheveau complexe des interrelations locales vibre de toute part. Aurons-nous l'occasion d'assiter à son dé-nouement ? Pour le savoir, rejoignez-nous le 30 novembre.

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La Warcoing SA se dit "diffamée"
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Le Courrier de l'Escaut du lundi 18/11/02

Déjà aux prises avec les cultivateurs sur la question du rendement, la SA
Warcoing doit se débattre avec un Collectif anti-OGM et un " texte
diffamatoire ".

" Un texte diffamatoire et anonyme a été distribué dans les boîtes aux
lettres des entités de Pecq et Celles, écrit warcoing SA dans un communiqué
diffusé vendredi. Il accuse nommément notre entreprise d'exposé la
population à des risques aussi mensongers qu'inexistants. "
Ce texte " anonyme " est en fait signé par une certaine Agence locale
d'accompagnement des dysfonctionnements industriels et des néotechnologies.
Laquelle, entre autres (lire l'encadré), exhorte les habitants des communes
précitées à ne plus consommer tout ce qui ressemble à de la chicorée, cela "
dans le cadre des mises en culture de chicorée transgénique par l'entreprise
Warcoing SA "

" La stratégie de Bayer "

Faut-il y voir un lien avec le Collectif d'action génEthique qui organisera
une table ronde sur la chicorée transgénique, le 30 novembre prochain (lire
la colonne Repéres), et qui, également par voie de communiqué de presse,
accuse warcoing SA de " disséminer volontairement " des végétaux
génétiquement modifiés ?
" L'entreprise développe un projet qui s'inscrit dans la stratégie
industrielle de la multinationale allemande Bayer, écrit le collectif dans
son communiqué. La modification des chicorées vise tout d'abord à les rendre
tolérantes à l'herbicide de la multinationale afin d'accroître les ventes de
cet herbicide. C'est pour pouvoir se passer du désherbage que sont
développées ces chicorées, ce qui diminuera l'emploi. Les fonds publics de
recherche scientifique européens et wallons financent ce projet "
" Jusqu'à présent, seules de petites serres confinées avaient été
concernées, ajoute le Cage, qui dit se fonder sur des déclarations des
autorités compétentes et qui dit craindre une contamination de l'ensemble de
la filière. Un des sites implantés cette année constitue la première mise en
culture en plein air. "

Aucune production semencière en plein air

A plusieurs reprises, et encore en juin dernier, à l'occasion de son 150è
anniversaire, (illisible) recherches étaient au point mort, à cause de
l'actuel vide juridique de l'Union européenne, et elle confirme le propos
dans son communiqué.
" Nous regrettons de perdre le fruit de quinze années de recherches et de
décevoir les producteurs de chicorées qui avaient mis beaucoup d'espoir dans
cette solution, écrit Warcoing SA. Le désherbage de la chicorée reste très
difficile et nous avions eu l'idée d'introduire dans la chicorée l'enzyme
qui dégrade naturellement l'herbicide biodégradable. Ceci permettait à la
chicorée de ne pas être affectée par l'application de cet herbicide pour
nettoyer la parcelle. Cette technique donnait d'excellents résultats… "
L'entreprise pecquoise dit aussi que ses essais ne comportent aucun risque,
ni pour la santé, ni pour l'environnement.
" Les essais effectués en labo et en champ ont toujours été réalisés en
totale conformité avec les règles émises par nos autorités, écrit-elle dans
sa réponse. Les essais sont réalisés sur de très petites parcelles isolées
et aucune production semencière n'est menée en plein air. Aucune
dissémination du pollen n'est à craindre et tout matériel végétal issu de
ces essais est systématiquement détruit par incinération. "

François Descy

---------------- Encadré---------------- Encadré
La lettre d'Aladin

A ceux qui ne liraient pas entre les lignes, signalons que le texte déposé
par Aladin dans les boîtes aux lettres de Pecq et celles n'a rien
d'officiel.
L'agence locale d'accompagnement des dysfonctionnements industriels et des
néotechnologies n'a bien entendu aucun pouvoir, si ce n'est celui de
provoquer un débat.
Aladin n'est donc pas en mesure d'entamer " des poursuites judiciaires " à
l'encontre de tout qui n'aura pas introduit " une demande auprès des
autorités compétentes " pour " toute mise en culture, même à très petite
échelle, même à usage domestique " de végétaux de la famille de la chicorée,
à savoir la chicorée sauvage, la scarole, l'endive et le pissenlit.
Ce que l'agence suggère, c'est que les essais de Warcoing SA sur la
chicorées transgéniques sont, via la pollinisation, susceptibles de polluer
toutes les cousines de la chicorée industrielle. Dans l'article principal,
l'usine répond que ses essais sont au point mort. Et que, en outre, " aucune
production semencière n'est menée en plein air ".
Ce qui est amusant, c'est que Aladin et warcoing SA font tous deux
références au Service de Biosécurité et de Biotechnologie (tél :
02/642.52.93) pour justifier leurs affirmations.

Suit des Repères dont nous n'avons pas copies.

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Le CAGE réagit aux allégations de la S.A. Warcoing
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Bruxelles, le 28/11/02

Communiqué de presse

Pressions des autorités communales pour étouffer un débat sur la chicorée transgénique

Depuis plusieurs années, Warcoing S.A., implantée dans la localité du même nom (entité de Pecq, près de Tournai) développe des chicorées génétiquement modifiées. Le 14 novembre 2002, nous annoncions par un communiqué d'invitation notre intention de nous rendre à Warcoing ce samedi 30 novembre afin de prendre la mesure exacte des implications de ce projet transgénique, de rencontrer ses instigateurs et d'évaluer par nous-même ce qu'en sont
les conséquences "sur le terrain".

Quelques jours plus tard, nous avons appris que les autorités communales et la police locale sont intervenues auprès des propriétaires de la salle que nous avions réservée, pour les dissuader de nous accueillir. Elles ont d'ailleurs atteint leur but.

A la fin de la semaine, deuxième offensive : dans un communiqué de presse dont de larges extraits ont été cités dans le Courrier de l'Escaut du lundi 18 novembre, " La Warcoing S.A. se dit "diffamée" ". [article disponible sur demande]

Quelques précisions quant aux allégations de la firme :

- Notre communiqué du 14 est parfaitement correct, il y a bien eu cette année à Hérinnes un champ d'expérimentation en plein air. Il ne s'agit effectivement pas d'une "production semencière", ce que nous n'avons jamais affirmé, mais d'une dissémination dans l'environnement. Warcoing joue sur les mots, ce qui est de bonne guerre.

- Nous ne demandons qu'à croire que les recherches sont "au point mort", mais pourquoi alors maintenir un programme de champs expérimentaux ? Nous aurons l'occasion de nous faire une idée de la volonté réelle de la sucrerie lorsque les notifications d'expérimentations pour l'année prochaine seront introduites auprès du Ministère de l'Environnement (avant la fin janvier 2003).

- Pour ce qui est de la perte du "fruit de quinze années de recherche" que regrette la firme : qui a demandé à la S.A. Warcoing de s'engager dans cette voie ? Si l'arrêt de son projet transgénique se confirme, la déception des "producteurs de chicorée" sera proportionnelle aux faux espoirs que Warcoing leur a donnés. Mais si ce programme est mené à terme, l'augmentation de la productivité en inuline qui est promise à la suite des modifications génétiques provoquera une réduction du nombre d'agriculteurs actifs dans la chicorée. En effet, le secteur est soumis à des quotas que la sucrerie Warcoing S.A. remplit depuis des années.

- L'herbicide concerné (le Basta ©) n'est pas "biodégradable" et il n'est pas "dégradé naturellement" par l'enzyme résultant de la modification génétique. Les plants de chicorée absorbent l'herbicide, en quantités inédites, mais ils n'en meurent pas. Non contentes d'être modifiées sur le plan génétique, les chicorées répandent alors une molécule chimique hautement toxique dans l'environnement et la chaîne alimentaire.

- Les conséquences de ces cultures pour la santé et l'environnement sont inacceptables, notamment à travers une utilisation plus importante de l'herbicide Basta. Ces conséquences se font sentir non seulement sur l'environnement en général mais aussi sur l'environnement cultural, par le renchérissement de la culture de chicorée non OGM - les cultures d'OGM ayant ceci de particulier qu'elles imposent à l'ensemble de la filière des mesures coûteuses de " bioprotections " -, ainsi que par l'élimination rapide de toute possibilité de culture biologique ou garantie "sans OGM".

- Jusqu'à présent, nous ne contestons pas le respect par Warcoing des règles biosécuritaires. Nous soulignons qu'un tel respect est loin de constituer une garantie. Selon les autorités compétentes elles-mêmes, ces règles, qui fluctuent d'une année sur l'autre, sont "inapplicables et peu réalistes" . Plus fondamentalement, elles n'ont pas pour objectif d'empêcher les contaminations mais bien de les maintenir sous un certain seuil.

- Une dernière remarque, à propos de la lettre signée « Aladin » : il est peu surprenant que la Warcoing S.A. focalise les oppositions car comme précisé dans notre communiqué du 14 les deux dernières "disséminations volontaires" en Belgique sont le fait de cette firme.

La démarche d'échange de savoirs mise en œuvre par le CAGE prend appui sur l'existence d'un site de dissémination d'OGM pour combiner la rencontre des responsables locaux (autorités communales et opérateur) avec une évaluation collective de la pertinence des mesures biosécuritaires appliquées. Lors de notre précédente initiative, le 7 septembre à Florennes, ces rencontres ont été particulièrement enrichissantes et ont effectivement permis aux uns et aux autres – notamment à un agriculteur-expérimentateur de colza gm - d'exposer leurs arguments tout comme d'éclairer le contexte dans lequel l'entreprise transgéniste tente de s'imposer dans l'agriculture.

Nous déplorons que les seules réponses apportées jusqu'ici par Warcoing S.A. et les autorités communales à l'ouverture d'un processus similaire autour de la chicorée transgénique soient l'intimidation et la désinformation.

Pour notre part, nous entendons continuer à exercer nos responsabilités et nous réaffirmons notre volonté de mener à bien ce samedi 30 novembre cette initiation pratique à l'environnement transgénique, en ce compris l'élaboration collective d'une expertise commune. Ce pourquoi nous réitérons, aux uns et aux autres, notre invitation au dialogue, à l'occasion de « GeneSpotting II », ce samedi 30 novembre (invitation ci-dessous).


Le CAGE (Collectif d'Action GénEthique)

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* Sources complémentaires :
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- Liste des champs de disséminations volontaires d'OGM en Belgique pour l'été 2002 sur :
http://archive.indymedia.be/local/webcast/uploads/ogm_be_liste2002.pdf)
- Campagne de sensibilisation des autorités communales : en Wallonie http://www.natpro.be/ et en Flandre http://www.velt.be
- Documents sur la résistance pratique aux OGM en Belgique depuis 1999 sur : http://sbb.collectifs.net
- Listes de diffusion sur les OGM en Belgique sur :
http://archive.indymedia.be/front.php3?article_id=26110
- Description des expériences dans les « fiches d'information du public » sur le site du Service de Biosécurité et Biotechnologie : http://biosafety.ihe.be
- Liste de produits alimentaires contaminés par les OGM sur : http://www.greenpeace.be
- Actions en Flandre contre les OGM et leurs lobbies : http://www.jnm.be