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Guerre contre l'Irak: "L'arc-en-ciel" n'est ni pour ni contre, bien au contraire
by Vincent DECROLY Wednesday November 13, 2002 at 11:02 AM
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Guerre contre l'Irak: Préparatifs de guerre étasuniens contre l'Irak? "L'arc-en-ciel" n'est ni pour ni contre, bien au contraire ...

Guerre contre l'Irak
PRÉPARATIFS DE GUERRE ÉTASUNIENS CONTRE L'IRAK ?
"L'ARC-EN-CIEL" N'EST NI POUR, NI CONTRE, BIEN AU CONTRAIRE...
Compte-rendu d'une interpellation en Commission des Relations extérieures de la Chambre:

Vincent Decroly, 12 novembre 2002.

Le Vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Louis MICHEL, s'est livré ce mardi 12 novembre en commisson des Relations extérieures de la Chambre à un exercice acrobatique dont les ténors de "l'arc-en-ciel" sont coutumiers. Se montrant très critique vis-à-vis de la position et des analyses en vogue outre-Atlantique, il s'est refusé à toute déclaration explicite distanciant préventivement la Belgique de la poursuite des préparatifs belliqueux lancés depuis plusieurs mois par M. BUSH.

"Je partage vos appréhensions quant aux perspectives d'attaque de l'Irak par les Etats-Unis. J'ai fait de nombreuses tentatives de médiation, ces derniers mois, pour éloigner ce risque. Elles se sont soldées par un échec, y compris au sein de l'Union européenne où je suis resté le seul ministre des Affaires étrangères à avoir reçu officiellement mon homologue irakien. La carte des zones de tension et de conflit actuelles sur notre planète est effectivement assez superposable à celle des zones d'approvisionnement énergétique des pays occidentaux. Je ne suis pas loin de penser, comme vous, que la politique irakienne des Etats-Unis se détermine en fonction d'un agenda caché. Mais si l'administration américaine devait déclencher la guerre contre l'Irak, je ne peux affirmer comme vous me le demandez que notre pays refuserait d'y être associé directement ou indirectement, politiquement ou opérationnellement".

Telle fut, en substance, la réponse de M. MICHEL à l'interpellation déposée depuis le... 18 septembre et actualisée le 6 octobre !

Tout se passe donc comme si la majorité dite "arc-en-ciel" s'apprêtait à renouveler (en grinchant un peu) son soutien suiviste aux passages à l'acte des Etats-Unis.

Sous prétexte de "convaincre les Irakiens que la collaboration avec les inspections onusiennes sont leur dernière chance", le gouvernement refuse d'avertir au moment approprié les Etats-Unis que leur guerre ne sera pas la nôtre.

Le ministre se dit très soucieux du message et de sa perception par Bagdad. Mais son interprétation par Washington le laisse passif. Or, depuis l'ouverture inespérée du dictateur de Bagdad aux inspections en désarmement et à l'application de la résolution 1289 de 1999, n'y a-t-il pas autre chose à faire qu'attendre le prochain épisode ?

"Oui, mais non"

Si Monsieur MICHEL a, commme il aime le rappeler, pris des initiatives tendant à infléchir le cours des choses, est-ce maintenant le moment de baisser les bras et d'espérer une miraculeuse prise de conscience spontanée, par M. BUSH, du caractère totalement contre-productif de la guerre qu'il compte lancer - avec ou sans l'aval du Conseil de sécurité ? En effet, selon plusieurs observateurs, ou bien l'évaluation post-inspection prévue par la toute récente résolution 1441 débouche sur une décision du Conseil de sécurité favorable à la guerre contre l'Irak, ou bien les Etats-Unis s'en passeront...

S'il importe sans doute de maintenir la pression sur le régime irakien, il y a aussi des gestes forts à poser pour que la partie états-unienne n'analyse pas la résolution 1441 comme un feu vert...

Or, la pression sur Bagdad s'intensifie sur le mode militaire en dépit d'ouvertures significatives que M. BUSH s'entête à minimiser. Par contre, aucun assouplissement de l'embargo n'a par exemple été décidé depuis le revirement de l'Irak sur l'accès des inspecteurs à son territoire...

M. MICHEL a concédé en fin de discussion qu'en cas de déclenchement de la guerre, le Parlement serait consulté sur l'attitude à adopter. J'espère qu'il tiendra parole et que cette consultation se fera en temps utile, avec vote à la clef (ce qui ne fut pas le cas lors, par exemple, du début de la guerre contre l'Afghanistan).

En attendant, la position de la Belgique demeure un "Oui, mais non" (ou vice-versa) qui sera soumis à l'ensemble des députés : en plénière, qui votera en faveur de cette ambivalence "arc-en-céleste" et qui soutiendra la recommandation alternative que j'ai déposée ? Réponse le jeudi 20 novembre après-midi...